Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

20.9.06

La Cappadoce, Safranbolu et Amasra ou tentative de résumé d’une semaine de vacances…

Départ le 10 septembre au soir. Kristiaan, Inge, Monique, Alexandre, Elodie et moi. Deux néerlandais, une allemande et trois français, belle brochette européenne en perspective. On doit rejoindre l’embarcadère de Karaköy puisque la navette du bus se trouve sur le côté asiatique. On a déjà un problème. En effet le prochain bateau part à 21 heures 30 et arrive donc à Kadiköy à 22 heures or c’est précisément l’heure à laquelle nous devons prendre la navette bus. Il va falloir courir et c’est en sprintant équipés de nos gros sacs à dos qu’on traverse à vive allure la place des bus de Kadiköy. Court avec nous un homme que l’on a rencontré sur le bateau et qui nous a aidé en appelant la compagnie de bus pour leur dire que l’on arriverait probablement en retard. Il veut s’assurer que l’on soit bien dans la navette. Alors qu’on reprend notre souffle, les moteurs démarre et l’on s’achemine vers le point de départ des bus de la compagnie Metro. Le bus arrive, un bus de voyage énorme et là c’est comme dans les avions, les ailes et la vue sur la Terre en moins. Un steward s’occupe des bagages qu’il met en soute, nous guide jusqu’à nos places, quand le bus démarre il fait un petit discours en turc (et comme c’est une destination turquo-turque nous ne pouvons pas avoir la version anglaise), puis il nous sert de l’eau, du thé et des petits gâteaux. On s’installe dans nos fauteuils d’autobus pour essayer de dormir. Le trajet se passe à la lueur des voitures que le bus croise. Deux haltes au milieu de la nuit. C’est assez marrant ces haltes sur les aires d’autoroute. C’est une ambiance très spéciale : imaginez vous dans fauteuil de bus, somnolant parce que bien sûr ça n’est pas aussi confortable que votre lit ; d’un coup les lumière du bus s’allument et le steward qui vous annonce qu’il y a vingt minutes de pause. C’est les yeux plissés à cause de trop de lumière et dans un état cotonneux que tout le monde quitte le véhicule pour aller dans la boutique de l’aire d’autoroute où l’on trouve produits locaux, cafétéria et toilettes. On passe la pause à marcher et à regarder ce qui se vend juste histoire de se dégourdir les jambes et puis on remonte dans le bus, se réinstalle et re-somnole jusqu’à la prochaine pause. Arrive le lever du jour et là, les insomniaques peuvent profiter du paysage. En l’occurrence cela contraste vraiment avec Istanbul puisque l’on passe d’une ville bruyante etc. à une plaine où les habitations sont rares.

Au petit matin on arrive à Göreme, village très touristique, implanté au milieu des cheminées de fée de la Cappadoce. Nous séjournons pour deux nuits dans une petite pension très charmante. Notre dortoir est une cave troglodyte aménagée avec des tapis sur le sol et sur les murs, les lits sont sculptés dans la pierre. Le tout donne une ambiance très sympa. On reste à Göreme deux jours. Ensuite on dort à Avanos dans une autre pension toute mignonne. D’Avanos on se sépare : Kristiaan, Inge, Alexandre et Monique retournent sur Istanbul tandis qu’Elodie et moi continuons le voyage jusqu’à Safranbolu. Mais laissez moi d’abord essayer de vous raconter la Cappadoce même si les photos sont plus éloquentes.

On va commencer par citer un guide bien connu pour ce qui est de la formation des ces paysages si peu ordinaires. « Le sol de ce plateau est constitué d’un terrain volcanique très tendre, le tuf, agglomération de cendres et de boues rejetées par les volcans. A la suite d’une intense érosion, le sol s’est lézardé ou désagrégé, donnant au paysage un aspect singulier. On rencontre alors dans le fond des vallées des cônes, des colonnes, des tours, des aiguilles qui peuvent atteindre 30 mètres. Au delà de l’attrait de la nature même, les hommes ont réalisé ici des œuvres de première importance (cités souterraines, habitations troglodytes, fresques superbes, églises et monastères aux proportions saisissantes). » Voilà un bon aperçu de la Cappadoce. On la découvre au gré des balades parce que de la route les vallées ne sont pas accessibles et insoupçonnables. Il est par contre dommage que la région soit aussi touristique et au cours de nos pérégrinations on se rend compte du « système ». Les cars déposent ces gentils touristes armés de leur appareils photos et de leurs portes monnaie sur des points de vue où les attendent des stands de souvenirs et des restaurants. Ils ont un temps limité pour crapahuter autour de ce point puis ils remontent dans le bus pour aller à un autre endroit etc. C’est ainsi qu’en trois jours les agences de voyage proposent de faire visiter toute la Cappadoce et de faire en quelque sorte du consumérisme de paysage à outrance. Heureusement que l’on est en septembre et que la saison se termine. Nous n’avons pas de bus mais simplement nos pieds pour visiter cette région. Ainsi on fait toutes les vallées à pied et c’est beaucoup mieux. On marche à travers des paysages sortis tout droit d’une autre planète. Ambiance semi lunaire. C’est encore plus magnifique au coucher du soleil quand ce dernier se reflète sur les herbes dorées et sur les roches qui se parent de rose, vert, rouge… En quelques jours on fait donc la Vallée de l’Amour, la Vallée Rose et Rouge, on relie Göreme à Uçhisar par la vallée des pigeons, puis d’Avanos on se rend sur le site de Zelve où l’on visite le musée en plein air avant de se balader dans la Vallée Blanche. La Cappadoce a accueilli plusieurs civilisations comme les Hittites il y a quelques millénaires. Ce sont eux qui ont creusé les cités souterraines. Puis les Chrétiens s’y sont réfugiés et ont creusé des églises… Cela donne un ensemble magnifique.

On part de cette région pour aller dans un endroit totalement différent de la Turquie : Safranbolu, village accroché dans les montagnes turques vers la mer noire. C’est un village où les maisons ont toutes été restaurées. Elles sont en bois, peintes à la chaux et le tout est tout mignonnet. On dort pour une nuit dans une pension chez l’habitant. C’est une vieille dame turque qui ne parle que le turc et qui a le sourire aux lèvres et le cœur sur la main. Ces vacances sont d’ailleurs l’occasion de beaucoup de rencontres. Que ce soit avec ces militaires effectuant leur service militaire dans le musée de Zelve qui nous ont fait une visite particulière du site ou avec ce potier d’Avanos qui nous explique son métiers etc. Et d’autres encore que le hasard de la route a mis sur notre chemin. A Safranbolu, on va au hamam. Là bas on se fait masser et passer la peau au gant de crin. Impression d’être un vêtement que l’on frotte sans retenue. Puis une fois que la peau est toute lisse, débarrassée des cellules mortes le massage commence. On ressort très zen de cet endroit.

On quitte Safranbolu pour Amasra, petite ville en bord de mer. Là bas on est bien décidées à se baigner dans la Mer Noire. Ainsi suivant les conseils de notre bible on se rend par dolmus à Carkaz, à 10 km d’Amasra. La plage est déserte de tout baigneur. On s’installe avec nos draps de plage tous neufs parce qu’à l’origine on n’avait pas prévu d’aller à la mer au début. Au moment d’aller tester l’eau, on comprend pourquoi il n’y a personne. L’eau est gelée. C’est vraiment dommage vu les rouleaux qu’il y avait. Au moment de repartir, on se rend compte qu’il n’y a plus de dolmus pour Amasra. Les problèmes commencent puisque l’on doit être de retour sur cette ville le soir même pour reprendre le bus direction Istanbul ! Le serveur du restaurant où l’on a mangé à midi, nous accompagne jusqu’à une route qui monte dans la montagne (il faut savoir que dans la région de la Mer Noire, la montagne se jette dans la mer) et nous fait comprendre qu’il faut que l’on marche jusqu’à ce que l’on trouve un dolmus. Il est cinq heures, la nuit tombe à sept heures, l’on doit être de retour assez tôt et Carkaz – Amasra cela fait quand même 15 km sans compter que l’on a mis près d’une demi heure pour faire le trajet à l’aller ! Puisqu’il n’y a pas d’autre solution, on se met en marche et dès qu’une voiture passe, on lève nos pouces. Nous voilà transformées en vraies routardes. Des voitures passent, et au final une s’arrête. On monte dedans et on s’entasse un peu parce que c’est une famille et qu’il y a deux enfants à l’arrière. Ils vont à Bartin et de là il y a encore des bus pour Amasra. Au bout d’un moment, le père stoppe au milieu de la route. Je me demande s’il va nous lâcher là ou si c’est parce que la voiture est en panne d’essence étant donné que la jauge d’essence clignotait orange dès le départ. En fait il a vu un dolmus en sens inverse qui fait Bartin – Amasra. Du coup il traverse la route, stoppe le dolmus et nous fait signe que c’est bon on peut le prendre. On arrivera à Amasra une vingtaine de minutes plus tard.

Le soir arrive et il est temps de reprendre le bus. Arrivée à 6 heures à Istanbul. C’est bizarre parce qu’à cette heure il n’y a guère de monde dans les rues. Cela change de ce à quoi l’on est habitué. A présent il reste encore une semaine de vacances avant la rentrée lundi. Cela va fare bizarre de reprendre un rythme normal.

1 Comments:

  • At 17 avril, 2008 00:26, Blogger Clr said…

    Hello Miss. Combien de temps ça prend pour rejoindre Istanbul en bus depuis Amasra ? Pas toute la nuit quand même ?? Claire

     

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