Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

2.10.06

29 septembre 06

Une semaine de rentrée universitaire à Istanbul…

Lundi. Lever très assez tôt. On est quand même en retard pour le bus, tant pis les voitures jaunes sont là pour nous venir en aide Au final ça sera un taxi qui nous emmènera à l’université.

Direction le secrétariat des études où une petite affichette nous dit que l’accueil des étudiants Erasmus se fera entre 9 heures et 16 heures. Il est neuf heures, on se prépare à entrer quand on aperçoit d’autres étudiants qui ont des têtes d’Erasmus. On se met à discuter. Finalement, il s’avère que le bureau n’ouvre que dans une demi heure. Turkish time, administration turque, appelez cela comme vous voudrez, c’est pareil dans tous les pays je crois. Quand enfin on entre dans ce fameux bureau ce sont toutes les tracasseries administratives qui nous attendent. Je vous passe les détails, là encore ça doit être du même style en France. S’en suit une mini réunion avec les Erasmus de Sciences Politiques et de Relations Internationales pour nous expliquer comment cela va se passer. On peut choisir nos cours dans tous les départements, la seule condition étant d’avoir suffisamment d’ECTS à la fin du semestre. On nous remet une liste des cours et après c’est carte blanche. Par contre ceci est en turc, cela n’est pas en français, ce cours si est en turc mais il pourrait être en français… Une fois notées toutes les modifications, on se met en quête des responsables des autres départements pour avoir le programme de leur cours et tenter de faire un choix parmi ces intitulés de cours aux noms alléchants pour la plupart. L’heure est bientôt venue de rentrer à la maison parce les bureaux ferment et les gens rentrent chez eux.

Le reste de la semaine se déroulant à peu près de la même façon, pas besoin de vous faire le décompte des jours. Cela se résume à assister aux cours que l’on a auparavant repérés et qui sont susceptibles de nous intéresser pour voir si le cours en question a l’air bien en vrai. Le plus souvent ces cours sont des introductions générales de ce quoi va être le cours et au bout d’une demi heure grand maximum, il est fini (les cours sont censés durer 3 heures). En lisant vous allez vous dire qu’ils n’en foutent pas une en Turquie ça mais en fait c’est le fonctionnement à peu près normal de la première semaine, normalement d’ici à lundi l’université devrait se mettre en rythme de croisière.

Cette première semaine pourrait aussi se résumer au casse tête qu’il en est de choisir ses cours, coordonner les horaires etc. Car l’objectif est que l’on rende notre programme de cours au responsable du département duquel on dépend. Quand le programme est rempli, il faut le faire signer, comme tous pleins de papiers d’ailleurs. Là aussi c’est assez folklorique et j’ai sans cesse l’impression d’emprunter à travers les couloirs de la fac le même labyrinthe que vit Xavier dans L’Auberge Espagnole : il faut courir après une personne pour avoir une signature, se retrouver à toquer contre un bureau fermé pour avoir une autorisation, effectuer des allers-retour entre la cafétéria et le bureau des relations internationales pour voir si nos cartes d’étudiants sont enfin arrivées et s’entendre dire que parce que l’imprimante est en panne, on a du utiliser l’imprimante à jet d’encre et elles sont en train de sécher… En même temps, me direz vous (en fait non parce que vous n’êtes pas là pour le voir ! ), la cafétéria se situant à sept mètres du Bosphore, l’attente n’est pas tellement longue puisqu’on ne se lasse pas de la vue privilégiée que l’on a. C’est aussi à la cafétéria qu’on rencontre les autres Erasmus et échange nos impressions.

Beaucoup de choses à vous dire dans ce message qui peut paraître aux yeux de certains un peu désordonné mais il faut que je vous raconte les péripéties pour avoir l’Akbil. Tout d’abord qu’est ce que l’Akbil ? C’est une puce électronique nécessaire pour tout Stambouliote qui se respecte afin de pouvoir voyager dans les transports en commun en tout genre. Le principe est simple : comme les cartes magnétiques en France, on presse la puce à l’endroit approprié et une petite musique se déclenche pour signifier que l’on a bien composté. Les choses se compliquent légèrement quand on n’a pas l’Abkil en question et que l’on à faire avec les transports en commun d’Istanbul. En effet, il n’existe rien qui soit universel à sauf l’Akbil. Ainsi pour prendre le tram, bateau et métro, il est nécessaire d’acheter des jetons tandis que pour les bus… C’est encore plus compliqué : il y a deux compagnies de bus : IETT et HOH (ou quelque chose comme ça). Compagnie publique et privée. Avec les bus IETT il faut acheter des billets en vente dans des cabines blanches mais pas partout, c’est à dire qu’il faut prévoir son ticket retour la plupart des cas. Pour HOH le titre de transport s’achète dans le bus directement. A noter que les chauffeurs de bus ne sont pas autorisés à vendre les billets. Sans Akbil donc, quand on veut prendre le bus il faut avoir son ticket tout en prenant le risque de devoir payer dans le bus puisqu’on ne sait jamais quelle compagnie ça va être. Ainsi c’est galère et prise de tête et l’Akbil se révèle être le précieux sésame qu’il faut avoir. Cependant quand on est étudiant (car il y a un tarif étudiant), il faut que l’université remplisse un papier comme quoi on est scolarisé et que l’on remplisse un formulaire (en turc) qui est à retirer à la scolarité. Comme l’administration c’est international, une fois que l’on rentre dans le bureau et que la secrétaire daigne nous regarder et comprendre qu’on lui demande le formulaire de demande de l’Akbil, on remplit le dit formulaire, colle la photo et on le lui rend pour qu’elle mette tous les tampons (trois en tout pour une demi feuille A4), ensuite même pas le temps de papoter dans le bureau, il est seize heures trente et la scolarité ferme. Il faut à présent se rendre à l’office de l’IETT. On s’engouffre à cinq dans un taxi, direction Karaköy. Malheur quand on arrive là bas il est cinq heures passées de dix minutes et naturellement le bureau est fermé il nous faut revenir demain… Heureusement qu’on a tous les papiers.

Le lendemain donc on se rend à l’office. Après être passé à trois guichets (un pour vérifier l’identité, le second pour payer la carte et le dernier pour donner le formulaire pour avoir la carte), on récupère la carte de réduction pour l’Akbil, reste maintenant à mettre l’Akbil, c’est à dire la puce. Quand on arrive à un endroit où ça se vend, comme par hasard ils n’en ont plus et il faut aller autre part. Arrivée en face d’un employé de l’IETT je lui tends ma carte, plus 56 YTL (le prix de la caution de la puce et de l’abonnement au mois) et je regarde l’homme installer l’Akbil. L’opération finie il me rend ma carte dotée de sa toute nouvelle puce électronique et je me sens stambouliote à part entière puisque tous les moyens de transport me sont accessibles sans avoir à me demander s’il faut un ticket, jeton ou tout simplement de la monnaie !

Beaucoup d’autres choses à vous dire, et ce soir cela fait une semaine que le Ramadan a commencé. Là aussi c’est toute une histoire et quand j’aurai un peu de temps je vous en ferai part, surtout que vivre le Ramadan à Istanbul et avec des colocs qui le font c’est assez intéressant.