15 octobre 06
A la une des journaux turcs cette semaine deux évènements se partagent la vedette.
L’un concerne Orhan Pamuk et son prix Nobel de littérature. Curieusement il ne rallie pas les gens à sa cause et certains l’accusent d’être vendu à l’Occident en ne fonctionnant que par marketing puisque le prix s’élève quand même à 1,3 milliards de dollars. En fait les gens lui reprochent surtout de ne pas assez s’engager dans ses pensées et ses actions et voient plutôt en ce prix comme un signe de la part de l’Académie suédoise l’incitant à rentrer dans le rang plutôt que d’en sortir.
L’autre évènement, un peu moins intellectuel, plus politique, concernant davantage les relations franco turques, c’est le projet de loi adopté par l’Assemblée Nationale (dont on a d’ailleurs pu constaté combien ses sièges étaient garnis) à propos du génocide arménien. Alors qu’en Turquie du fait de l’article 301 on peut être traduit en justice pour atteinte à l’identité turque, en France on va peut être pouvoir aller devant les tribunaux pour s’exprimer… Non pas que je nie le génocide qu’il y a eu, mais je me demande jusqu’où on peut aller pour acheter des votes dans la perspective des élections futures notamment … En Turquie une certaine unanimité contre cette loi apparaît dans les partis politiques de tout horizon et chez les intellectuels alors même que certains sont allés devant les tribunaux turcs pour avoir justement déclaré qu’il y avait eu un génocide au titre de l’article 301 du code pénal.
Du fait de cet engrenage médiatique, on peut voir le consulat français entouré de barricades de sécurité et des forces de police déployées en très grand nombre pour canaliser une manifestion dont les effectifs étaient (d’après ce que l’on m’a dit) nettement inférieurs aux forces en présence. Mis à part les titres des journaux et l’aspect sécuritaire qui vient juste d’être évoqué je n’ai pas été inquiétée outre mesure et puis de toute façon si on me demande quelque chose, sachez que dorénavant je suis belge !
C’était pour le côté actualité ; la vie stanbouliote continue. En d’autres termes c’est essayer de se lever tant bien que mal le matin alors qu’on est sorti la veille et qu’il faut bosser ses cours. C’est prendre les deux arrêts de tram puis le bus 25E ou 22 au choix, pour aller à l’université. Etre de temps en temps coincé dans les embouteillages pour se rendre en cours car Istanbul et en particulier le palais Ciragan (qui est à 500 mètres de l’université) reçoit Mme Merkel. Pour cette raison la police se met soudainement à régir la circulation, du coup au lieu d’arriver à Galatasaray en 10 minutes le bus en met 30… C’est trouver normal de voir des bus doubler des 4x4 par la droite et comme c’est soit l’un soit l’autre mais pas les deux véhicules qui ont la place et bien ça fait boum. Les passagers descendent comme si de rien n’était et les carrosseries sont bien endommagées. C’est boire son çay face au Bosphore et se dire qu’on a de la chance quand même d’être là. C’est s’improviser des soirées chez les uns chez les autres. C’est aussi continuer d’être réveillée à 4 heures du matin toutes les nuits pour cause de joueur de tambour (cf. précédemment). Et puis j’en passe bien d’autres …
En parlant du ramadan dans une semaine c’est fini. Et avec lui la « pide » achetée quotidiennement et aussi le tambour qui lui aussi quotidiennement me casse les oreilles… Dans une semaine c’est donc ce qu’ils appellent ici le « bayram », la rupture du jeûne. Pour cela on a droit à trois jours de congé (lundi, mardi, mercredi) et sûrement des cours allégés en fin de semaine. En effet la plupart des étudiants turcs rentrent dans leurs familles et en profitent pour faire le pont, espérons que les profs fassent de même. Pour nous le bayram est donc synonyme de vacances. On va sûrement aller à Bodrum sur la côte bien au Sud de la Turquie. Treize heures de bus pour y aller… Je vous en dirai sûrement plus dans pas longtemps.
A la une des journaux turcs cette semaine deux évènements se partagent la vedette.
L’un concerne Orhan Pamuk et son prix Nobel de littérature. Curieusement il ne rallie pas les gens à sa cause et certains l’accusent d’être vendu à l’Occident en ne fonctionnant que par marketing puisque le prix s’élève quand même à 1,3 milliards de dollars. En fait les gens lui reprochent surtout de ne pas assez s’engager dans ses pensées et ses actions et voient plutôt en ce prix comme un signe de la part de l’Académie suédoise l’incitant à rentrer dans le rang plutôt que d’en sortir.
L’autre évènement, un peu moins intellectuel, plus politique, concernant davantage les relations franco turques, c’est le projet de loi adopté par l’Assemblée Nationale (dont on a d’ailleurs pu constaté combien ses sièges étaient garnis) à propos du génocide arménien. Alors qu’en Turquie du fait de l’article 301 on peut être traduit en justice pour atteinte à l’identité turque, en France on va peut être pouvoir aller devant les tribunaux pour s’exprimer… Non pas que je nie le génocide qu’il y a eu, mais je me demande jusqu’où on peut aller pour acheter des votes dans la perspective des élections futures notamment … En Turquie une certaine unanimité contre cette loi apparaît dans les partis politiques de tout horizon et chez les intellectuels alors même que certains sont allés devant les tribunaux turcs pour avoir justement déclaré qu’il y avait eu un génocide au titre de l’article 301 du code pénal.
Du fait de cet engrenage médiatique, on peut voir le consulat français entouré de barricades de sécurité et des forces de police déployées en très grand nombre pour canaliser une manifestion dont les effectifs étaient (d’après ce que l’on m’a dit) nettement inférieurs aux forces en présence. Mis à part les titres des journaux et l’aspect sécuritaire qui vient juste d’être évoqué je n’ai pas été inquiétée outre mesure et puis de toute façon si on me demande quelque chose, sachez que dorénavant je suis belge !
C’était pour le côté actualité ; la vie stanbouliote continue. En d’autres termes c’est essayer de se lever tant bien que mal le matin alors qu’on est sorti la veille et qu’il faut bosser ses cours. C’est prendre les deux arrêts de tram puis le bus 25E ou 22 au choix, pour aller à l’université. Etre de temps en temps coincé dans les embouteillages pour se rendre en cours car Istanbul et en particulier le palais Ciragan (qui est à 500 mètres de l’université) reçoit Mme Merkel. Pour cette raison la police se met soudainement à régir la circulation, du coup au lieu d’arriver à Galatasaray en 10 minutes le bus en met 30… C’est trouver normal de voir des bus doubler des 4x4 par la droite et comme c’est soit l’un soit l’autre mais pas les deux véhicules qui ont la place et bien ça fait boum. Les passagers descendent comme si de rien n’était et les carrosseries sont bien endommagées. C’est boire son çay face au Bosphore et se dire qu’on a de la chance quand même d’être là. C’est s’improviser des soirées chez les uns chez les autres. C’est aussi continuer d’être réveillée à 4 heures du matin toutes les nuits pour cause de joueur de tambour (cf. précédemment). Et puis j’en passe bien d’autres …
En parlant du ramadan dans une semaine c’est fini. Et avec lui la « pide » achetée quotidiennement et aussi le tambour qui lui aussi quotidiennement me casse les oreilles… Dans une semaine c’est donc ce qu’ils appellent ici le « bayram », la rupture du jeûne. Pour cela on a droit à trois jours de congé (lundi, mardi, mercredi) et sûrement des cours allégés en fin de semaine. En effet la plupart des étudiants turcs rentrent dans leurs familles et en profitent pour faire le pont, espérons que les profs fassent de même. Pour nous le bayram est donc synonyme de vacances. On va sûrement aller à Bodrum sur la côte bien au Sud de la Turquie. Treize heures de bus pour y aller… Je vous en dirai sûrement plus dans pas longtemps.


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