Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

24.6.07

20 mai - 24 juin. Plus d'un mois s'est écoulé au cours de cet acte. Entre temps, voyages, visites, examens, farniente, au-revoirs... sont entrés en scène. Les personnages ont fait une dernière entrée, d'autres sont apparus de façon éphémère. Le décors a changé aussi, d'Istanbul, les planches ont été transposée en Bulgarie puis en Turquie du Sud Est. L'acte final se jouera à Istanbul. Petit aperçu en images...


Une journée à Plovdiv en Bulgarie, pour plus d'infos et par fainéantise je vous conseille de vous rendre au théâtre de Nonosapionce pour un aperçu plus ample de ce que l'on peut trouver en Bulgarie et à Plovdiv, hormis le vieux théâtre romain et trois touristes (en l'occurence, Renaud, Lisa & moi même)









Des repas à la façon orientale ou franco-français (on notera la moutarde de Dijon trônant fièrement sur la table. Merci la mondialisation et merci Carefour !)








Oublier que Fener fût sacré


champion cette année serait un peu difficile...

S'ensuit un extrait d'une Turquie où l'on se définit d'abord en tant que kurde, malgré une propagande d'un Etat unitaire. Dans l'ordre et en vrac : Cizre & pose photo dans une patisserie ; le mont Moïse (unique ?) en Syrie, vu de l'ancien sancak d'Alexandrette ; des barbelés symbole d'une démarcation entre deux pays, Turquie et Syrie à 40 km de l'Irak ; un hamam dans un village historique bientôt enseveli sous les eaux, ça n'est question que d'années ; la statue de St Pierre dans la première (?) église chrétienne au monde ; retour sur Istanbul et retrouvailles.


20.5.07

Le dernier cours de Turc s'est soldé par un pique nique sur une des terrasses de l'université. Il faisait beau. On a mangé. On a chanté. Et surtout on en a profité pour remercier Nihal Hoca qui a été formidable de patience et de volonté avec nous pour nous enseigner sa langue. Une prof comme il est rare d'en croiser sur son chemin.

18.5.07


Festival de musique à Galatsaray ou comment faire entrer des capitaux dans une école publique ?
Cela commence tout d’abord par l’arche de ballons à l’entrée de l’université. Rouge et jaune aux couleurs du groupe Galatasaray. Durant toute la semaine, la meilleure semaine d’après les étudiants les firmes en tout genre investissent notre terrasse en bordure du Bosphore, proposent des stands où sont exposés leur produits. Marketing et publicité marchent bon train. Tout ceci dans le but de financer les concerts et les divers groupes non moins célèbres qui se produisent sur la scène en plein air tous les soirs pendant quatre jours.
On se retrouve donc dans une mini foire commerciale destinée aux étudiants mais pas n’importe lesquels puisqu’il s’agit de la seconde université du pays. Et comme en Turquie l’accès à l’université se fait sur la base d’un gigantesque concours national où les meilleurs peuvent choisir leur futur lieu d’enseignement supérieur en fonction de leur place dans le classement (deux millions de personnes passent ce concours et il y a environ 200 000 places dans toutes les facultés du pays qui sont cotées différemment selon la qualité de leur enseignement. Inutile de préciser que le niveau des diplômes s’en ressent et qu’il existe une forte hiérarchisation entre eux…). Ainsi étudie à Galatasaray l’élite du pays : ceux et celles qui ont eu un ÖSS (le concours) excellent. Donc des gens issus de milieux sociaux plutôt favorisés puisque les boîtes à révision et à bachotage, privées bien sûr existent aussi en Turquie…
Revenons à nos moutons et à l’ultra sponsoring. En allant vers la cafétéria, rendez vous de tout étudiant de Galatasaray qui se respecte vous ne pouvez manquer cette pollution publicitaire. Sur les escaliers des poufs sont installés pour pouvoir rôtir au soleil avec le logo ETI (marque de biscuits), les chaises en plastique de la cafet ont été remplacé par des salon de jardin en bois le temps de quelques jours, ceci est gentiment prêté par Nescafé. Différents stands changent chaque jour. Ainsi on peut se faire maquiller chez l’Oréal, récupérer des carnets au sigle d’une marque de produit lentilles, des échantillons de crème pour le corps, des déodorants pour Rexona, des frisbees étiqueté au nom d’une autre marque. Naturellement banques et assurances ont aussi investi le champ. Ce qui reste le plus impressionnant quand même c’est la présence de deux prototypes sous le regard bienveillant du buste d’Atatürk. En effet luisant au soleil et se faisant nettoyer deux engins de chez Mini et BMW attendre de trouver un acquéreur.Je vous rappelle que nous sommes dans une université d’Etat. Même si l’université devrait dans le contexte actuel se repenser plus en rapport à l’entreprise quant à la formation des étudiants, je trouve pour ma part scandaleux d’investir comme dans une foire un lieu de savoir et d’apprentissage.

9.5.07

les résultats du second tour de la présidentielle :

Bureau de vote central d’Istanbul

Nombre d’électeurs inscrits
2033
Nombre de votants
1154
Taux de Participation
56,76 %
Bulletins blancs ou nuls
34
Suffrages exprimés
1120

M. Nicolas SARKOZY : 374 (33,39 %)
Mme Ségolène ROYAL : 746 (66,61 %)


Parfois il vaut mieux ne rien dire que de professer des âneries telles que : "si vous dites aux habitants de la Cappadoce qu'ils sont européens vous allez renforcer l'islamiste".



7 mai 2007.

Avez vous déjà visité la gare de Haydar Pasa ? J'en doute. Je l'ai fait en compagnie de Lisa et d'Erdinç, un ami qui y travaille en dehors des cours (24 heures par semaine). Cela faisait un bout de temps qu'il nous avait invitées à aller découvrir ce fameux bâtiment. On peut rejoindre soit par bâteau, soit en voiture et de là partent tous les trains rive asiatique, Istanbul ayant cette particularité d'avoir deux gares, une pour l'Europe et une pour l'Asie. Dans quelques années, seule la gare de Sirkeci fonctionnera. Celle d'Haydar Pasa sera privatisée et les trains en provenance d'Orient franchiront le Bosphore via un tunnel en cours de construction sous le Bosphore !
J'avais déjà mis les pieds dans cette gare de 150 ans, construite par un architecte allemand. Les premiers trains ont été mis en service à la fin du XIX siècle, avec la modernisation de l'Empire Ottoman. Avec Erdinç comme guide privé, on a eu accès aux coulisses de la gare de Haydar Pasa et à une série de photos, dignes de pouvoir figurer dans Raillife, le magazine de la compagnie de chemin de fer turque.


Les quais sont séparés en deux parties : les trains de banlieue et les trains longue distance. Certains des bureaux et les balcons qui vont avec ont une vue imprenable sur la Corne d'Or, les îles des Princes et Kadiköy. Malheureusement la vue était quelque peu obstruée par les nuages s'accumulant du fait d'un temps lourd et orageux.





24.4.07


21 avril 07

Dans le contexte actuel impossible de ne pas penser un tout petit peu aujourd’hui aux cinq années qui se sont écoulées et à un certain jour d’avril 2002. A Istanbul l’ambiance à moins d’un jour de la présidentielle est au rendez vous. Finalement même si du fait de l’éloignement j’avais choisi de ne pas m’occuper d’une campagne un peu trop relayée à mon goût dans les médias, on se laisse prendre au jeu. Bref la suite demain aux bureaux de vote du consulat et lever de rideau à 20 heures à Paris, 21 heures ici.
Cependant ça n’est pas à propos de cet événement que je veux vous parler mais prendre prétexte de la présidentielle (qui me pourrit mon week-end de quatre jours en me forçant à rester à Istanbul) pour vous parler du 23 avril en Turquie. Le 23 avril, c’est férié pour l’Etat et toutes les entreprises travaillant avec l’Etat. Pas de cours pour nous donc (en même temps je ne me lève le lundi matin que pour deux heures). Eh oui 23 avril, jour de la fête des enfants, çocuk bayramı. A cette occasion les drapeaux sont de sortie et flottent au gré du vent. De la Turquie, d’Atatürk… Ca donne quelque chose d’assez impressionnant parce que certains font la taille des immeubles.

24 avril 07

La fête des enfants c’était donc hier. Superbe temps. Nous sommes allés au îles des Princes pour une expédition loin d’Istanbul entre foule et nature. En effet sur l’une des îles il y a un monastère orthodoxe le monastère Saint George. Or le 23 avril c’est aussi la fête des enfants. Cela donne des masses de populations qui convergent toutes vers les îles. Les bateaux sont remplis, bien plus que leur capacité d’accueil. Tant et si bien que l’on se demande pourquoi la compagnie gérant ces autobus de mer n’a pas prévu le coup en doublant les capacités. Ca a des airs de la SNCF et du TER Lyon – St Etienne avec ses deux ridicules wagons aux heures de pointes… Sauf que là s’il y a un accident c’est les pieds dans la flotte, encore froide à cette époque de l’année et surtout envahie par les méduses. Au bout de deux heures nous nous acheminons vers les îles. A la descente c’est DisneyLand dans le sens où la configuration de la place derrière l’embarcadère fait penser au pays de Mickey. La fanfare joue des airs et avec nos baguettes sous le bras pour pique niquer on se croirait un 14 juillet en France. Avant d’aller au monastère il faut marcher. Heureusement que l’on n’a pas loué des vélos, ça grimpe dur. Petite halte dans la pinède pour casser la croûte. C’est agréable de n’entendre aucune voiture, car les îles ont cette particularité : elles n’accueillent aucun véhicule motorisé. On reprend la marche en s’arrêtant de temps en temps pour apprécier la vue et s’étonner de la grandeur d’Istanbul dont on ne voit pas la fin… Arrivée en bas du monastère on retrouve tous les gens qui tentent l’ascension. Des musulmanes déroulent des fils. Si elles arrivent en haut sans avoir cassé le fil, leur souhait sera exaucé. En haut il s’agit de dessiner à l’aide de pierre ou de sucre son vœux pour le voir se réaliser. On abandonne la visite du monastère, réservée aux orthodoxes et de toute façon il faut faire la queue à l’entrée. On préfère s’asseoir sur une rambarde et profiter de la vue qui s’offre à nous.
Retour en passant par une route bordée par des maisons plus somptueuses les unes que les autres. Entre maison de type colonial, futuriste, moderne, ou encore les funiculaires installés du portail à la porte d’entrée, c’est un spectacle qui vaut le détour. Sur la route l’ordre des priorité c’est calèches, vélos, piétons. Comme quoi même quand il n’y a pas de voiture les piétons doivent faire attention avec les composants qui les entourent. En l’occurrence il s’agit ici de calèches conduites par des chevaux qui échappent parfois aux contrôle de leur conducteur…
Retour par bateau, encore plus rempli qu’à l’aller. Mais non nous n’avons pas coulé et sommes arrivés intacts à l’embarcadère de Kabatas !

17.4.07






Mon quartier, situé sur une colline est truffé de yokus, rues très en pentes ou escaliers. Mais aussi de boutiques d'antiquaires.
Marchez la tête en l'air dans Istanbul. Au gré des détours et des ruelles vous ne manquerez pas d'apercevoir les vêtements mis à sécher sur les immeubles au mileu des champs de paraboles. Plus loin ce sont les balcon en fer forgé qu'ornent les pots de fleurs agrémentés ça et là d'une petite touche très turque, un drapeau rouge où se reflètent une étoile et un croissant de lune... La prochaine fois au cours de ma balade j'essaierai de prendre en photo les paniers d'osier qui descendent des étages par une ficelle. Un moyen très efficace de se faire livrer à domicile !

L'église orthodoxe de Taksim accueille les ressortissants de la grippe aviaire...

8.4.07


8 avril 2007

« Quand on arrive dans une ville on voit des rues en perspective, des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà. Plus tard on aura habité cette ville. On aura marché dans ses rues. On aura été au bout des perspectives. On aura connu ces bâtiments. On aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise 10, 20, 1000 fois. 10, 20, 1000 fois. […] Au bout d’un moment tout cela vous appartient parce qu’on y a vécu. C’est ce qui allais m’arriver et je ne le savais pas encore. »



A la différence de Xavier dans l’Auberge Espagnole je savais que cela allait m’arriver en allant à Istanbul. Merci au film d’être sorti quelques années auparavant. Revoir l’Auberge espagnole ici, m’a fait reprendre conscience de ces réalités. Déjà huit mois que l’avion s’envolait de Roissy Charles de Gaulle. Quelques trois mois restent. Et déjà ça a un air de fin. Le temps passe vite.

Hier on a voulu aller se balader à Moda. Comprenez sur la rive asiatique. Il y a là une très jolie promenade qui longe le bord de mer. Avec le soleil et surtout la chaleur de retour le tout Istanbul était dans les rues et il y avait au dehors une effervescence comme si l’on était resté trop longtemps à l’intérieur. Malheureusement le brouillard s’est installé sur le Bosphore et au moment de prendre le bâteau, tous ont été annulés et pour cause on ne voyait pas la rive asiatique ! Ainsi le palais de Topkapı dominait la nappe blanche et cela donnait une tout autre perspective sur Sultanahmet.