Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

30.11.06

30 novembre 06

Mercredi je suis allée me balader dans Sultanahmet, avec pour but de visiter la mosquée de Soliman le Magnifique qui est la plus grande des mosquée impériale. Eloignée du quartier historique et donc des touristes toujours un peu présents à cette époque de l’année, il faut la trouver planquée dans un jardin derrière des grilles. C’est vrai qu’elle est impressionnante de par sa grandeur. Le parc qui l’entoure voit ses feuilles se jaunir avec l’automne. Autour dans ce qui était auparavant un complexe regroupant restaurant populaire, boutiques d’artisanat et autres boutiques se logent désormais des grossistes en tout genre. La vue du jardin donne une autre perspective sur la tour de Galata et le palais de Topkapi dont l’on n’a pas l’habitude.
Des bâches en plastiques scindent les entrées, un peu comme si la mosquée était en travaux. en fait c’est pour protéger l’intérieur du froid et le garder au chaud. Je laisse mes bottes sur les étagères prévues à cet effet, pose les pied sur les tapis, soulève la bâche et me voilà entrée dans la mosquée. C’est vrai qu’elle impressionne surtout quand on est seule dans un bâtiment aussi immense. Le sol est rouge et chaque personne a un emplacement délimité pour prier. Naturellement il est interdit de s’asseoir. Je ne sais pas si les photos sont autorisées mais comme il n’y avait personne je ne me suis pas gênée.
En repartant, je me suis un peu perdue dans les rues parce que c’est un dédalle. Mine de rien je suis quand même arrivée à la rue du tram en débouchant sur le marché aux livres. Il y avait je ne sais pas pourquoi des sortes d’antiquités abandonnées ça et là sur la chaussée. En face ce qui doit être une mosquée était lentement asphyxiée par les gaz des pots d’échappement. Un peu plus loin un mini bazar de vêtements organisé sur les ruines d’une ancienne bâtisse. C’est fou le patrimoine historique qu’il y a dans Istanbul et comment ce même patrimoine peut être dégradé avec les années, la pollution etc.
J’ai un peu traîné les pied dans Laleli, un quartier commerçant. Là, surprise, les pancartes des magasins étaient affichées en russe du fait de la nationalité des clients.
30 novembre 06

En allant chez des amis, on avait pris l’habitude du camion de police et de sa caméra fixée sur le toit scrutant tout personnage louche. C’était les mesures préventives. Depuis paraît-il ça a un peu empiré : pour aller dans leur appartement il faut être recensé sur les listings de la police, ce qui leur vaut d’être accompagné en personne par ces monsieur de la police jusqu’à leur porte. La raison vous demandez-vous ? Elle est simple pourtant. Ils sont voisins de l’ancien cardinal Ratzinger. Et oui, le pape est en Turquie et on nous le fait savoir ! Papa Türkiy’e geldi.

Je vous rassure tout de suite il n’y a pas encore eu d’attentats ou autres choses de ce genre. Non apparemment le représentant du Vatican s’est bien installé dans les quartiers du consulat papal, à quelques mètres de la Cumhüriyet Caddesi et a suscitant de nombreux barrages de police dans les alentours, le blocage total de l’avenue et des embouteillages phénoménaux autour de Taksim ; certains ont mis deux heures pour arriver à l’université ce matin... Bref c’est le bordel. Et pour rentrer chez nous en revenant de l’école, la rue du tram (qui pourtant n’est pas franchement du côté de Taksim mais plutôt longeant le Bosphore) était d’un côté vide de tout ce qui ressemble à une carrosserie sur quatre roues dotée de moteur.

Ce qui m’a fait gentiment rigoler ce sont les reportages ultra caricaturés qui ont pu paraître en France à ce propos et surtout sur la Turquie.

18.11.06

18 novembre 06

Merhaba à tous ! Voilà des nouvelles, ça faisait longtemps. Depuis deux semaines j’avoue que je cours un peu après le temps, encore plus que d’habitude. C’est fou que des secondes puissent scander à ce point les journées et s’enchaîner tant et si vite qu’on ne s’en rende pas compte. Ceci est particulièrement vrai lorsque les examens de mi-semestre s’accumulent et viennent briser le doux rythme de vie Erasmus composé de sorties, soirées, et saupoudré de cours ! Bref, il a fallu s’enfermer pour reprendre tous les cours depuis le début de l’année et se préparer aux premiers examens alaturca.
J’écris alaturca parce que c’est assez différent de la France. Sur la forme par contre c’est la même chose et il faut s’asseoir en ligne, remplir la feuille d’émargement etc. Dans certains cours, selon la volonté du prof, les étudiants turcs ont droit au dictionnaire franco-turc. Ca se complique légèrement lorsque l’on apprend que l’on doit faire dans chaque cours deux à trois mini dissertations pendant un laps de temps de deux heures et parfois sans autre papier de brouillon que la feuille d’énoncé de la question ! Qui plus est ces dissertations sont limitées dans l’espace, pas plus d’une copie double en général pour un examen. Autant dire que ça change de la France ou plus on s’étale pour tourner autour du pot et ne rien dire en fin de compte, mieux c’est. Il faut apprendre à être synthétique et à organiser ses idées rapidement. Dans un sens c’est un bon exercice. Et puis comme en France il y a les profs bizarres et délirants. Je parlerai ici de l’examen des Politiques du Moyen Orient où il s’agissait d’inventer ni plus ni moins sa propre théorie sur le Moyen Orient. On a vu mieux comme type de question…
Cette semaine un beau soleil luisait sur Istanbul et me réconciliait avec l’automne stanbouliote que j’avais jusque là ressenti comme étant très humide. Et bien sûr maintenant que c’est le week end les nuages sont là … Enfin on a eu droit à de magnifiques couchers de soleil sur le Bosphore vers 16 heures 30 (la nuit tombe de plus en plus tôt) et c’était quelque chose de voir la Corne d’Or drapée de rose et de violet. D’ailleurs j’ai mis en ligne les photos de mon université et surtout de la vu que l’on a en buvant le thé… Admirez en cliquant
ici.
J’avais mentionné dans mon précédent message un petit boulot. C’est tombé à l’eau mais je suis sur une autre piste.

10.11.06

10 novembre 06

Cela fait un petit moment que je n’ai pas posté de message sur ce blog malgré tout ma contribution de ce soir va être très courte.

Déjà une date anniversaire : trois mois en Turquie le 5 novembre. Un bilan positif de ces trois mois. Je n’ai pas vu le temps passer…

Ensuite la semaine qui arrive va être très overbookée entre partiels et exposé. Il va donc falloir que je révise et travaille (ce que je fais d’ailleurs depuis le week-end dernier !). En d’autres termes une fin de semaine studieuse s’annonce et toute une semaine chargée.

Autre nouvelle : j’ai peut être trouvé un petit boulot, il s’agirait de donner des cours de français à une petite fille qui va à l’école française. J’en raconterai sûrement plus sur les tractations et les nombreux coups de fil qui ont résulté à ce job.

Il est une heure et demi, heure française. Iyi geceler comme on dit ici ! ;)

1.11.06

31 octobre 2006

Quand le vent se mêle à la pluie à Istanbul, on assiste à un refroidissement des températures et à une valse de parapluies qui testent leurs armatures parfois plus que fragile face aux rafales qui les agressent. Ainsi on peut assister à des scènes assez cocasses où le parapluie se retourne brusquement et dans l’impossibilité de le remettre d’aplomb, les baleines étant trop courbées, presque cassées on est contraint à le jeter dans une poubelle où d’autres squelettes de parapluie ont atterri auparavant.

Cette fin d’octobre c’est aussi l’arrivée de mes parents, frère et sœur à Istanbul. Et avec eux les visites traditionnelles auxquelles on ne peut échapper ! ;) Aujourd’hui, c’est en se rendant vers les anciens remparts de la ville qui sont paraît ils à voir pour la promenade qui les accompagne que l’on s’est aperçu qu’il faisait vraiment trop mauvais pour un treck urbain, le vent étant trop fort et les malheureuses toiles bombées ne faisant pas le poids et ne nous protégeant en rien de la pluie qui tombait à verse nous reprenons le tram en sens inverse. Dans notre poche on avait le Grand Bazar en rechange. Tant mieux parce que ce bazar, le plus grand du monde est couvert (de son nom en turc : kapali çarsi, marché couvert) ce qui veut dire que l’on est à l’abri de la pluie, de l’humidité et donc du froid en partie. Le Grand Bazar c’est donc un dédale de ruelles qui s’enfilent sous des arcades. Beaucoup de vendeurs de bijoux, de tapis, de produits turcs préfabriqués pour les touristes etc. etc. Il y a tellement d’échoppes que l’on se demande comment il parviennent à vivre de leur commerce. Au centre du Grand Bazar, l’ancien Bazar où les arcades sont beaucoup plus hautes, en brique rouge.

Dans l’après midi, puisque le temps n’incite pas aux visites et aux longues marches en ville on se rend à Cevahir. Cevahir c’est un Grand Bazar des temps modernes situé à Sisli, un quartier près de Taksim. Centre commercial immense, un des trois plus grand d’Europe, il fête son anniversaire cette année. Sur six étages c’est une sorte de temple de la consommation où l’on trouve supermarché, cinéma, nombreux fast foods et restaurants, bowling, et de nombreuses enseignes de prêt à porter. C’est une autre facette d’Istanbul que l’on découvre en allant à Cevahir. Un contraste saisissant avec le vieil Istanbul que représente Sultanahmet et son lot de monuments historiques dont on ne retient que bien souvent l’image lorsque l’on résume d’Istanbul.
26 octobre 2006

S’échapper de la trépidante Istanbul pour le Seker Bayram (la fête des sucreries) qui clôture le Ramadan. Nous voilà rendues à Bodrum, ma coloc (Elodie) et moi, chez l’ancienne nourrice d’Elodie qui a une maison de vacances là bas.

Quelques quinze heures de voyage en tout. Fatiguant. A cause des odeurs de nourriture et de la qualité des siège on ne peut pas tellement dormir. Au bout de la route le dépaysement est total avec Istanbul. Cela commence tout d’abord par un très joli ciel bleu et des rayons de soleil qui contrastent amplement avec la grisaille et le froid humide de l’ancienne Constantinople. Bodrum c’est le Saint Tropez turc. Les maisons sont peintes en blanc qui rappellent la Grèce. Le port est rempli de yachts en bois et de goélettes qui proposent des aller retours sur les îles et en particulier l’île grecque de Kos qui est toute proche. Le Saint Tropez turc passe aussi par les prix des restaurants. Ces derniers sont au minimum deux fois plus chers qu’à Istanbul en moyenne. La jet set locale est au rendez vous et se pavane sur les nombreux transats installés sur la plage. Les magasins de luxe abondent eux aussi, et heureusement qu’il y a les magasins de contre façon pour compenser ! Comme partout dans ces cas là, le coin est envahi par les Anglais. On peut alors comprendre la tendance qu’ont les prix à grimper vers le haut, surtout dans l’immobilier.

Nous ne sommes pas à Bodrum mais à Gümüslük, un petit village accessible à environ une demi heure en voiture. Cela correspond à trois quart d’heures de voyage dans un dolmus hyper classe où il y a la clim’ et même la TV !

Trois jours de détente et de vacances commencent. Nous sommes très bien accueillies. Au programme baignade, balades, visites. Chez la nourrice d’Elodie nous faisons le Seker Bayram à notre façon. Comme elle arrive de France, elle a en effet des produits français dans ses bagages. Un petit rappel : la Turquie est un pays où la majorité de la population est musulmane, qui dit musulman dit pas de viande de porc… Or quand elle nous annonce qu’elle a du jambon fumé et autres charcuteries on se régale d’avance. C’est vrai que le jambon de poulet n’est pas mauvais pas le vrai est quand même meilleur, surtout quand ça fait près de trois mois qu’on n’en a pas vu la couleur !