Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

27.8.06

25 août 06

Encore une journée qui s’achève. Bientôt trois semaines que je suis arrivée et le temps passe trop vite. Comme d’habitude la journée est rythmée par les cinq prières quotidiennes, les cours et les pauses qui s’égrènent au cours de la matinée. Vendredi c’est visites culturelles l’après midi. Ainsi, directement après les cours on passe aux dortoirs poser nos affaires, on monte dans les minibus et c’est parti ! Pour le midi on se fait un petit restau. Aujourd’hui, c’était une petite gargote où j’ai pris des feuilles de vigne et une sorte de gratin de pâtes. J’en sors le ventre bien gonflé mais c’était super bon. Pas besoin de dessert. D’ailleurs à propos des desserts turcs ils sont délicieux depuis quelques jours que je me suis mise à les goûter. Et puis les loukoums, ils ne manquent pas à leur réputation ! Je referme la parenthèse gastronomique et reprends le cours de la journée. La visite d’aujourd’hui c’était le Beylerbeyi Sarayi. Le palais du Bey des Beys. Il est situé sur la rive asiatique juste en dessous du pont du Bosphore. Bien entendu on a une vue imprenable sur le Bosphore et comme on est tout près (mais de l’autre rive), mon université se distingue au loin…

Le guide du Routard (pour ne pas mentionner son nom) le décrit comme étant plus agréable à visiter que le palais de Dolmabahce, ce qui est vrai. Plus petit, moins de monde et avec une guide intéressante on ne s’endort pas au cours de la visite. Qui plus est celui de Dolmabahce est tellement immense de grandeur que l’on finit par se lasser de l’enfilade des pièces. Comme d’habitude nos sacs sont passés au détecteur de métaux, on patiente quelques instants pour que la visite commence ; c’est l’occasion de pauses photos. Puis on entre dans le palais, on enfile nos chaussons de plastic bleus par dessus nos chaussures pour ne pas abîmer les tapis qui jonchent le sol et en avant la visite ! Des tapis par terre, du marbre, des tentures et de l’or à foison des murs au plafond, des salons de réception à couleur dominante rouge, verte, rose et bleue, un partie officielle et un harem constituent le palais. Vraiment sympa comme résidence d’été. Le jardin est très bien aussi, et comme les pelouses sont super entretenues, que l’herbe est verte, après la visite on va tout naturellement s’étendre à l’ombre ou au soleil sur cette étendue verte jusqu’à ce qu’un gardien du palais, après moultes hésitations, nous disent en turc de ne pas s’allonger dans l’herbe. On rentre en minibus, on se repose un peu histoire d’attendre qu’il fasse moins chaud et on enchaîne sur la soirée après un petit restau ou des sandwichs made in the dorms !

27 août 2006

Hier, c’est à dire samedi on est allé aux îles des Princes. Ce sont des îles à une demi heure, une heure en bateau d’Istanbul où la circulation et le boucan de la ville ne vous atteignent pas. En effet sur ces îles il n’y a pas de voitures (la seule que j’ai vu est un camion poubelle) donc pas de bruit. Sitôt débarqués on embarquait à nouveau sur un petit bateau pour se rendre à la plage. Plage privée où moyennant cinq liras on peut se prélasser tout l’après midi sur un transat avec vue sur la mer et au loin Istanbul et le nuage de pollution qui se dégagent. C’est bien agréable de pouvoir se prélasser au soleil en lisant un bouquin, discutant ou somnolant. Ici l’eau est belle, très claire. Cela change du Bosphore et des sacs plastics qui naviguent dessus. On se baigne, l’eau est bonne, un peu froide quand même, ça doit être du à la grande différence de température entre l’eau et l’air. L’eau est d’ailleurs ultra salée. Et puis on retourne sur le transat pour une nouvelle séance bronzette. On repart de la plage à pied, après tout c’est à cinq minutes de l’embarcadère. La rue dans laquelle on passe est bordée de maisons en bois, les yali. Ce sont des maisons typiques de la Turquie, sorte de résidences secondaires. Elles me font penser aux maisons en bois peintes de la Suède quant à leur style architecturale. A une différence près, c’est que ces yali sont beaucoup plus grandes.

Il faut que je vous raconte aussi le Grand Bazar. J’y suis allée jeudi avec Elodie, Renaud, Sylvia et Janney (deux allemandes). On a pris le bateau jusqu’à Eminönü où on a retrouvé Renaud qui était allé rencontrer son coordinateur Erasmus à sa fac. D’abord on a fait le bazar égyptien, le bazar aux épices. C’est aussi un bazar couvert où quand on entre dedans les odeurs des épices vous montent à la tête. Les vendeurs vous parlent en anglais, tentent quelques mots de français. Les étalages regorgent d’épices de toutes sorte, que ce soit la poudre verte qu’ils mettent sur les baklavas ou le safran iranien. Il y a aussi des étalages de loukoums de toute sorte. Dur dur de ne pas craquer, gourmande comme je suis… On sort du bazar égyptien et d’après la carte il fait continuer tout droit et prendre à droite à un moment donné pour pouvoir arriver au Grand Bazar, Kapali çarsi. Bien entendu comme c’est Sultanhamet, il y a un dédalle de rues et l’on finit vite par ne plus savoir où l’on est ! Tant pis on continue à marcher, de toute façon ce qu’on a sous les yeux nous suffit. Des échoppes qui s’étalent sur toutes les rues, qui vendent de toutes sortes de trucs et beaucoup de monde dans la rue.

On finit par demander à un quelqu’un où se trouve le Grand Bazar (« Kapali çarsi nerede ? »). Comme il se trouve qu’il y va, on le suit. En fait on avait tourné à droite un peu trop tôt ! Dans le Grand Bazar, c’est dur de ne pas se perdre puisqu’il fait environ 20000 m² et qu’on a un peu plus d’une heure pour le visiter pour cause de fermeture. On n’a rien à acheter mais on marchande quand même histoire de voir jusqu’où les prix peuvent baisser. Et très vite on s’aperçoit que les prix peuvent être diviser par deux après marchandage ! En parlant de négociations, il y a quelques jours j’ai acheté des vêtements, une jupe et deux Tshirts. Le total faisait 37 liras, et j’ai commencé à négocier comme ça pour voir si c’était possible de faire baisser les prix. Du coup j’ai tout eu pour un total de 30 liras, environ 20% de réductions ! Revenons au Grand Bazar. On trouve de tout là dedans. Ca va des trucs fait pour les touristes comme les babouches à pompon et les habits pour danser la danser du ventre jusqu’aux habits en cuir en passant par les lampes mosaïques, les échiquiers et jeux de backgammon, les narguilés, les bijoux bien sûr, les tissus, les foulards, les tapis, les vêtements made in Népal, des petits portes monnaie etc. etc.

On discute avec un vendeur et c’est l’occasion pour nous de pratique un peu notre turc dans une conversation mi turque mi anglaise. C’est bien parce qu’on arrive un peu à le comprendre. Enfin on devine plutôt le sens de ses phrases parce qu’il parle quand même vite et tout doucement. Mais très vite on doit y aller parce que le Grand Bazar ferme à 19 heures d’après les guides. Ce fut court mais bien parce qu’il n’y avait pas trop de monde comme il peut y en avoir en journée. Et puis de toute façon en un an on aura le temps d’y retourner !

18.8.06

18 août 06

Vendredi. Déjà dix jours que les cours de turcs ont commencé. Presque deux semaines que je suis partie. Je ne m'aperçois pas du temps qui passe. En dehors des cours, cette semaine a plutôt été consacrée à la recherche d’un appartement mais je vous raconterai plus en détails dans un prochain message les visites effectuées. D’ailleurs au cours de cette semaine, j’ai récolté un nombre de cartes de visites et de numéros de téléphone non négligeable. Les Turcs sont ainsi, très serviables et quand on les rencontre ils ont coutume de donner leur carte. Il va falloir que je pense à m’acheter un portefeuille spécial cartes de visite et adresse parce que le mien va exploser !

Cet après midi nous sommes allés à la « Kiz Kulesi » qu’on traduit en anglais par Tour de Léandre. Il s’agit d’une tour reconvertie en phare sur le Bosphore à laquelle on a greffée plusieurs légendes (
http://www.mymerhaba.com/fr/main/content.asp_Q_id_E_1341). On prend les minibus de l’université pour se rendre là bas. Arrivés sur la côte, les profs nous disent qu’on a quartier libre pour manger. On passe dans des petites ruelles très animées, sous une sorte de marché couvert où les odeurs des poissons alignés sur les étalages étouffent quelque peu celles des fruits et légumes. Il y a toujours un minaret à l’horizon quelque soit l’endroit où l’on se trouve. D’ailleurs en parlant des mosquées, je ne peux passer sous silence la prière des imams. Ils prient cinq fois par jour et avec les hauts parleurs des minarets, ça s'entend dans toute la ville. Quand il y a deux mosquée proches l'une de l'autre, c'est deux prières différentes. La première prière se fait à 5 heures du matin… Au début ça m’a réveillée pendant une ou deux nuits mais maintenant ça va, je m’y suis faite.
Pour en revenir à aujourd’hui, nous prenons place dans un restaurant climatisé, passons commande puis le repas finit nous retrouvons les profs à l’endroit indiqué pour prendre le bateau. Il y a du vent sur le Bosphore, et ça fait du bien, surtout que comme d’habitude il fait plus de 30° … En soit la Tour de Léandre n’a rien d’intéressant puisque c’est devenu un restaurant sur tous les étages. Ce qui est magnifique par contre, c’est la vue qu’on a sur Istanbul et sur les deux continents. Au loin on perçoit le pont du Bosphore, la mosquée d’Ortaköy avec l’université Galatasaray juste sur en bordure d’eau. En peu plus à droite c’est le palais de Dolmabahce. Sur la rive européenne on se repère grâce aux tours des immeubles nouvellement construites qui se mêlent à d’autres immeubles, plus vieux. Plus à gauche la Corne d’Or avec le triptyque Topkapi, Sainte Sophie, Mosquée Bleue. La rive asiatique quant à elle apparaît plus résidentielle. J’allais oublier le Bosphore. En face de nous un chantier est installé pour construire un métro sous l’eau qui reliera dans trois ans Üsküdar à Eminömu, en d’autres mots l’Asie à l’Europe et des bateaux de toutes sortes passent çà et là. Comme je l’ai dit la Tour de Léandre ne se visite pas, on reprend donc le bateau pour retrouver les minibus. Ce soir, après repos et courses, je sors avec d’autres dans un café en face de l’université pour boire un thé et fumer le narguilé. J’apprends aussi à jouer au backgammon. Les turcs ne jouent qu’à ça quand ils fument le narguilé. C’est assez typique en fait.

Il faut que je vous raconte une anecdote assez marrante. Pas tellement sur le coup mais avec le recul… On visitait un appartement avec Elodie chez une fille turque qui cherchait une coloc. On prend le dernier autobus de mer pour rentrer jusqu’à Kadiköy, jusque là pas de problème. Ca se corse un peu quand on veut prendre le dolmus. A l’endroit où on les prend d’habitude il n’y en a pas. On se dirige donc vers la grande place des dolmus, sorte de gare routière. On demande à des chauffeurs où se trouve le dolmus qui va à « Götzepe Campus, Marmara Universitesi ». Ils nous montrent une file de domus alignés les uns derrières les autres et nous disent que c’est le dernier de la file. On monte dans le dolmus et pareil on dit notre stop au chauffeur qui nous répond « evet evet » (oui oui) en nous faisant signe de monter. On s’installe donc et le dolmus part. Au bout de quelques minutes on ne reconnaît pas la route, pourtant il suit toujours la direction de Gotzepe. C’est après que l’on se rend compte qu’il est toujours sur l’autoroute alors qu’il devrait être sorti. On essaie de demander aux Turques assises à côté de nous si ce bus va bien à Gotzepe. Là elles nous parlent en turc bien entendu et tout ce que je comprends, c’est « yanlis ötobüs » (faux autobus) et que ce bus ci va à Maltepe ! Il est 10 heures du soir, il fait nuit et on est sur l’autoroute allant vers un endroit inconnu. Sacré pétrin parce qu’on ne peut pas descendre pour attraper un autre domus allant jusqu’à Kadiköy puisqu’ils passent de l’autre côté de l’autoroute et qu’on ne se sent pas encore avoir assez l’âme turque pour tenter de traverser la dite autoroute à pied ! Qui plus est, bientôt tout le minibus est au courrant et ils rigolent tous. Nous ça ne nous fait pas rire surtout que le chauffeur nous avait dit qu’il allait à Gotzepe Campus ! Finalement, le monsieur assis à côté de nous s’aperçoit qu’on ne comprend pas grand chose au turc du moins pour l’instant, et nous parle en anglais. Il nous explique qu’il faut que l’on descende au centre de Maltepe pour récupérer un autre dolmus, qu’il va nous aider. Mais notre interlocuteur nous délaisse avant et descend à une station service. Ca n’a pas du tout l’air d’être le centre de quoique ce soit surtout que l’on est toujours sur l’autoroute. On reste donc assises. On finit par sortir de l’autoroute et à entrer dans une zone qu’on ne connaît pas. Là on se demande quand est-ce que l’on arrive dans le centre de Maltepe ??? A un carrefour le chauffeur s’arrête et une personne nous fait signe de descendre, descend aussi et interpelle un autre dolmus qui lui va jusqu’au campus !

L’aventure ne s’arrête pas là. Le chauffeur du dolmus en question assure à la personne qui s’est occupée de nous faire changer de dolmus qu’il va bien au campus mais en fait de chauffeur, c’est plutôt un chauffard ! Il passe des feux à l’orange bien mûr, n’hésite pas à griller un feu rouge qui était à 15 secondes de passer au vert (en Turquie certains feux sont chronométrés et le décompte des secondes est affiché). Je regarde la route et espère qu’on va arriver au campus sans accident… La route est longue et plus il roule plus je fais des grimaces dans le rétroviseur du fait de la conduite du chauffeur. C’est soulagées qu’on voit l’arrêt de l’université. On descend et on se dirige vers les dortoirs, assez crevées je dois dire !

12.8.06

12 août 06

Aujourd’hui c’est samedi et on va faire les « culturals activities », comprenez des sorties touristiques. Au programme : la mosquée Sainte Sophie, l’hippodrome, la Mosquée Bleue, les citernes de la ville et pour finir le palais de Dolmerbahce. Belle affiche en perspective !

On est tous un peu fatigués de la semaine, il est tôt ce matin lorsqu’on monte dans le bus. A mesure que les heures passent, la température monte et les litres d’eau se boivent… Tous les monuments que je vous ai cité sont dans le quartier de Sultanhamet, quartier historique d’Istanbul. Bien sûr on est samedi et il y a beaucoup de touristes. Ca donne des queues assez longues aux entrées. Les seuls qu’on reconnaît sont les japonais avec leurs ombrelles ! Comme nous sommes un groupe on a le droit de les doubler après moultes vérifications par les gardes de l’entrée que les papiers attestant que nous sommes élèves à Marmara sont en règle. En parlant de gardes aux entrées des musées, il faut dire qu’ils mettent les moyens sur la sécurité dans cette ville, c’est impressionnant ! Pour entrer à Sainte Sophie comme à Dolmerbahce, on passe aux rayons X et nos sacs aussi. J’ai demandé à une « counsellor » et elle m’a dit que c’est pour se prévenir d’attentat de l’AKK qui vise principalement les soldats, femmes et enfants dans ses actions terroristes. Et puis c’est vrai qu’avec les tensions internationales, il vaut mieux se protéger. D’ailleurs pour éviter les poubelles piégées, c’est simple, il n’y a pas ou presque pas de poubelle à Istanbul ! Il faut vraiment les chercher. Du coup les rues sont assez sales par endroits.

Tout ce qu’on visite aujourd’hui est impressionnant de grandeur et de magnificence, surtout la Mosquée Sainte Sophie qui tient debout depuis le VI° siècle. L’intérieur est superbe avec toutes les mosaïques, la lumière etc. Les citernes de la ville sont aussi très belles et puis comme c’est sous terre, l’avantage est qu’il fait frais dedans !

On mange dans un restaurant des « köfte » (boulette de viande), c’est assez bon. On se rend en bus au palais de Dolmerbahce. Ce fut la dernière résidence des sultans qui voulaient moderniser la Turquie et prendre modèle sur l’Europe. Donc le style n’est pas du tout ottoman, un grand nombre de meubles viennent de France et ils appellent ce palais la petite Versailles. De plus, Atatürk en a fait sa résidence quand il venait à Istanbul. Il est mort dans ce palais en 1938. Ah ! Atatürk, ils le vénère ici et il est vraiment partout, dans la rue, les salles de cours, sur les briquets etc. A l’intérieur du palais, c’est immense, des pièces qui s’alignent et s’enfilent. Le seul problème c’est que la visite est obligatoirement guidée « for security reasons ». Cela dure donc un peu puisque la guide explique. Comme on est tous fatigués on n’a pas tendance à écouter et on attend que l’on continue la visite. Après deux heures de visite, on peut rejoindre les bus pour rentrer sur le campus. Avec Elodie et Renaud, on décide de rester sur le côté européen pour aller faire du shopping sur l’Istiklal Caddesi (avenue de l’indépendance). En matière de shopping c’est l’équivalent de la rue Sainte Catherine à Bordeaux. Des boutiques qui s’étendent sur toute l’avenue qui elle même est très longue et qui grouille de monde puisqu’elle est piétonne. Dans les rues adjacentes, on trouve des petits restaurants et cafés, ce qui donne une atmosphère très sympa. Très vite on perd Renaud et on n’arrivera pas à le retrouver : trop de monde et on n’a pas son numéro de portable. On continue à faire les boutiques et je me retrouve avec deux T Shirts et un pantalon pour pas vraiment cher, surtout que c’est les soldes turques. On continue sur l’Istiklal et on croise un groupe qui manifeste avec des drapeaux rouges. Ils sont environ une trentaine à manifester et à crier des choses qu’on ne comprend pas. Pour cette manif, deux bus de policiers sont là… En tous cas ils sont bien organisés puisque sitôt la manif finie ils rangent les banderoles et se dispersent dans le calme. En fait c’était une manif à propos de la guerre au Liban.

Le shopping fini, on va vers l’embarcadère pour prendre le bateau vers Kadiköy. On s’enfile dans une petite rue qui descend, forcément elle doit descendre vers le Bosphore. J’avoue qu’à un moment on n’était pas très rassurées car il n’y avait pas grand monde dans cette rue et qu’on ne connaît pas encore les coins où il ne vaut mieux pas traîner. Finalement on débouche sur la rue du tram et on retrouve l’embarcadère. Il doit être 21 heures et il fait frais. Pour une fois, on se met à l’intérieur du bateau. La nuit est tombée et c’est magique de voir la ville toute allumée. Arrivées à quai on prend le dolmus pour rentrer au campus. On commence à avoir nos habitudes !

A propos des cours de turc (et oui je n’en ai pas encore parlé !) , ça se passe bien. On est divisé en deux groupes. Pour l’instant je peux dire que je sais me débrouiller quand je rencontre quelqu’un pour saluer, demander comment ça va, d’où on vient etc. Par contre dès que ça sort de ce contexte c’est tout de suite un peu plus hard ! Du coup quand j’essaie de baragouiner quelque chose en turc et que ce n’est pas dans mes cordes, cela devient assez cocasse. Bref, il va vraiment falloir que j’apprenne vite, surtout que souvent ils ne parlent pas anglais.

9.8.06

9 août 06

Premier jour de cours de turc. L’arrivée a été assez épique. On est parti de l’hôtel mardi. Déjà pour aller de Sultanhamet jusqu’à l’embarcadère pour prendre le bateau pour l’Asie c’était toute une expédition. Je m’explique. A Sultanhamet les rue sont pavées, le goudron assez irrégulier ce qui donne quelque chose d’assez folklorique quand on se trimballe avec une valise à roulettes d’au moins 20 kg, un gros sac à dos, plus un ordinateur portable et un sac à main. L’étiquette de touristes à Istanbul nous allait comme un gant pour le coup ! Le plus dur c’était quand même les escaliers à descendre puis à remonter dans le passage souterrain, heureusement que les turcs sont gentils et qu’il y en a un qui m’a pris ma valise sinon je me luxais l’épaule.

Je tiens à préciser que ce message va être en grande partie consacré aux moyens de transport à Istanbul. Donc on arrive à l’embarcadère et bien sûr il y a plusieurs destinations possibles, reste à trouver le bon guichet pour les billets. C’est chose faite, 1,3 YTL le billet, soit 65 centimes pour l’Asie et une vingtaines de minutes de bateau… La sirène sonne et on se dépêche de monter par la passerelle en bois. On pose les valises et les sacs, ça fait du bien à mon dos et mes épaules. Et puis le bateau largue les amarres. Le quartier historique s’éloigne, et l’on a une vue magnifique sur la Mosquée Bleue, Sainte Sophie et le palais de Topkapi depuis la mer. Très vite on arrive en Asie à l’embarcadère de Kadikoy. L’autobus de mer puisque c’est comme ça qu’ils l’appellent ne s’est même pas arrêté qu’une personne enlève les barrières et commence à poser la passerelle, des gens descendent. On attend que ça soit plus calme et que les pressés soient partis avant de reprendre les bagages. Là on demande où se trouve l’autobus qui va jusqu’à Marmara University, mais le problème c’est qu’on a beau demander à trois personnes différentes, on a trois informations différentes, trois numéros de bus. En plus la place des bus est si grande qu’on ne trouve pas le bus. Finalement deux personnes nous conseillent de prendre un minibus, traduisez « dolmus ». C’est une sorte de taxi / bus collectif qui a un itinéraire fixe. Ca coûte une lira par personne et on paye en faisant passer aux personnes devant soi qui se chargent de faire passer la monnaie jusqu’à ce que les pièces trouvent la corbeille à côté du chauffeur. On ne sait pas trop où on va atterrir, on sait jusque que ce dolmus va à Gotzepe Campus. Comme dans les bus, il faut être bien accroché et ne pas trop être regardant sur la conduite, sinon c’est crise cardiaque à chaque fois, entre les feux rouges à moitié grillés ou carrément ignorés, les mini courses entre les chauffeurs et les dialogues au klaxon… En Turquie, ils klaxonnent pour tout : pour prévenir qu’ils doublent, parce que ça roule trop lentement, pour prévenir que le taxi qui arrive est vide etc. Du coup c’est un joyeux carphanaüm ! Finalement le chauffeur nous prévient qu’on y est. On descend, en face c’est le campus de Marmara, on est à bon port !

Comme dans tous les lieux privés/publics, il y a des gardes à l’entrée. On passe et on se dirige vers le bâtiment Socrates Erasmus. Les Turcs en charge du stage de CIEL nous accueillent. On a droit à un petit speech, on rencontre d’autres Erasmus puis on va au dortoir. Je partage une chambre de 8 avec Sora une hollandaise. La salle de bain est commune avec une autre chambre de trois. Les turcs nous disent qu’à 4h il y a une visite du campus qui s’avèrera être une ballade en ville. On prend un taxi jusqu’à une avenue commerçante. C’est marrant parce qu’il n’y a pas de juste milieu au niveau magasins. Soit ce sont des boutiques de marque genre Diesel, Levis, Cardin etc. Soit ce sont des contrefaçons où les T Shirts sont à 2,5€ pièce. Un peu à l’image de la société turque je pense. On est resté là tout l’après midi, on a fait quelques courses pour le petit dej’ de demain puis ils nous ont emmené dans un resto. Une salade et de l’eau pour 9 YTL, 4,5€… Ensuite le groupe s’est un peu éclaté. On s’est retrouvé entre français avec deux turcs qui nous ont laissé un peu après. Du coup on boit un thé à la terrasse d’un café puis comme on est loin du campus on rentre en taxi. Le luxe en France ici c’est donné pour une petite distance. Rentrés dans les dortoirs il fait vraiment chaud. Il est 11 heures du soir mais il fait 30° … Tout le monde aura mal dormi entre la chaleur, les chiens qui aboient et le muezzin à 5 heures du mat’.

Le matin les cours commencent. Dur dur de reprendre un rythme scolaire mais ça va. L’aprèm, on finit à 15 heures donc on décide d’aller faire quelques courses. Comme une polonaise veut changer de l’argent on part jusqu’au quartier où je suis arrivée en bateau avec un dolmus. Aïe Aïe la conduite. J’achète mon téléphone portable (vous avez mon numéro par mail sinon demandez moi) et on va à Carrefour. Le Carrefour en question se trouve dans un centre commercial genre Part Dieu à Lyon. Pareil c’est de magasins hyper chic. C’est assez cocasse dans le Carrefour pour chercher les produits dont on a besoin. On paie, sort du centre commercial et puis on prend un taxi. Il passe devant le stade du Fenehbace (où joue Anelka je crois) et en 5 minutes on est à l’université.

Avec nos sacs plastics on doit traverser la route. Il faut noter qu’en Turquie les passages piétons, ça ne doit pas être dans leur vocabulaire. En tous cas je n’en ai pas encore vu… Du coup il faut tenter sa chance et traverser quand la trafic est moins dense ou attendre qu’un feu passe au rouge mais pour peu qu’un bus le grille à moitié, c’est zigzag entre les voitures ! Le meilleur moyen reste encore de suivre un turc pour traverser, au moins il connaît la technique ! Toujours est-il que le piéton n’est pas roi du tout et que les klaxons font légion ici.

6.8.06

A propos des photos.

Pour les photos, il faudra aller sur un skyblog, je n'arrive pas à les mettre ici.
Voici l'adresse
http://clooo30487.skyblog.com
5 août 2006
Jour du grand départ. Mon convoyage pour cette fois. Rien à dire jusqu’à Roissy. Le voyage se passe bien. Aux revoirs dans la gare.

A Roissy, on se perd un peu. C’est grand. Du coup on arrive au terminal 2B alors qu’il nous faut aller au 2F. C’est pas grave on marchera, en plus on a du temps devant nous. Tranquillement on s’achemine vers la banque d’enregistrement, quand un policier nous barre le passage. On ne peut pas aller plus loin. A peine le temps de comprendre ce qu’il se passe que des militaires arrivent de tous côté. En fait c’est une alerte à la bombe à cause d’un sac oublié. Du coup on fait le tour vers l’extérieur mais je dois avouer que c’est assez flippant même si l’hôtesse d’AF nous a dit que ça arrivait plusieurs fois par jours. En enregistrant nos bagages, comme l’avion est surbooké, on nous propose de se porter volontaires pour le vol suivant moyennant compensation financière. Pourquoi pas ? On accepte et on se retrouve à attendre pour le prochain vol qui atterrit à 23 heures 20 heure locale (22 h 20 pour la France). Naturellement l’avion est bondé et on en a pour trois heures de vol. Ma voisine de fauteuil est Américaine, Turque d’origine. Elle me montre des photos de ses voyages, on discute en anglais même si des fois on fait « oui oui » sans tellement comprendre parce qu’on n’entend rien. A mesure que l’avion se rapproche d’Istanbul, elle nous fait comprendre que l’on pourra prendre un taxi commun. Du coup on accepte. Le voyage se passe, la nuit arrive. On passe par dessus un orage. C’est magnifique de voir les éclairs dans le ciel, bien qu’un peu angoissant tout de même. L’avion arrive sur Istanbul par la mer de Marmara et est à ras de l’eau. On distingue le littoral.
Atterrissage et formalités douanières. Le visa est tamponné. Il faut récupérer les bagages qui mettent du temps à arriver. L’Américaine me dit qu’elle va faire du shopping dans la zone internationale mais qu’on se retrouve « outside ». Du coup commence une longue attente. Un gars pas très net en profite pour nous demander à quel hôtel on va et s’il peut nous conduire en taxi. A force d’être insistant comme ça, et comme l’Américaine n’arrive pas on se dit qu’on va partir tous seul et prendre un taxi car forcément il est plus minuit et les transports en commun ne fonctionnent plus. Finalement elle arrive, nous présente à son mari qui est venu la chercher à l’aéroport et appelle un taxi, sorte de Kangoo pour mettre tous les bagages. On a juste à donner l’adresse au chauffeur. Dans le taxi c’est dépaysement total. Le chauffeur c’est sûr n’a pas eu à passer son permis en France parce que les distances de sécurité, il ne connaît pas. Ca me vaut quelques belles frayeurs. Le comble c’est quand il arrive dans la rue de l’hôtel, il se rend compte qu’il est allé trop loin. C’est pas grave, il se retape toute la rue à sens unique en marche arrière malgré les voitures qui arrivent !
Au final on arrive à l’hôtel. La chambre est climatisée, tant mieux parce qu’il fait super chaud.

6 août 06
Petit dej à la turque, ce qui veut dire tomate, sorte de mozarella, bacon, tartines, pain, cake, le tout agrémenté de thé, jus d’orange, café.
On décide de faire un tour en ville. Du coup quand on sort de l’hôtel on atterrit directement sur Topkapi. Vers la Mosquée Bleue et Sainte Sophie, il n’y a personne, c’est bizarre et pourtant il est 11heures. On se perd dans le dédale de rues. Comme c’est dimanche les échoppes sont fermées. Finalement on arrive sur la rive du Bosphore et on va de l’autre côté de la Corne d’Or. En fait on a décidé d’aller voir mon université. Seulement on ne s’est pas tellement rendu compte des distances. Tant pis on aura mis deux heures de l’hôtel à pied. En attendant il commence à faire de plus en plus chaud. Ils ont annoncé 42° pour aujourd’hui… Des gens se baignent dans le Bosphore, il faut quand même le vouloir vu l’état de l’eau. Les enfants se font bronzer à même le goudron.
Arrivés à Galatasaray on n’en peut plus du coup on se pose à un arrêt de bus et on demande à un Turc quel est le bus qui va jusqu’à Taksim, histoire de voir à quoi ressemble ce quartier. Bien sûr à l’arrêt flambant neuf il n’y a qu’un plan d’Istanbul mais question horaires et lignes qui passent, rien d’indiqué ! Enfin le bus arrive, on monte et c’est assez épique. Je commence à demander un ticket au chauffeur, normal. Seulement je me rend compte qu’il y a un autre gars vêtu du même uniforme derrière un comptoir ! C’est à lui que je m’adresse donc. Deux tickets pour Taksim, on ne sait pas où c’est ni quand on arrive. Finalement après avoir grimpé la colline, le Turc qui nous avait renseigné sur le numéro du bus à prendre vient nous voir en nous disant « Taksim Taksim ! ». Bref on descend. Choc des civilisations. Cette ville est féerique parce que si hétéroclite. Alors qu’on avait longé les palais du Bosphore, vu quelques maisons en bois etc. on se retrouve dans le quartier moderne d’Istanbul si l’on peut dire. Il y a même un McDo ! On se pose dans une cafèt’ pour manger, ça n’est vraiment pas cher. 17 YTL pour deux, soit environ 8€ ! Après manger on se dit qu’on va retourner à l’hôtel se reposer et laisser passer les heures chaudes. Du coup on prend le métro. C’est assez épique aussi. On fait comprendre qu’on va jusqu’à Sultanhamet et là un gars de la sécurité nous amène jusqu’à la ligne de métro où après il faut prendre le tram. Métro tout neuf, superbe il n’y a personne par contre. Rien à voir avec Paris ou Lyon. Les sacs sont passés au détecteur de métaux, ils ne lésinent pas sur la sécurité ici. Finalement on s’assoit dans le métro avec en tête la station où l’on doit descendre. On s’apercevra que c’est la prochaine parce qu’un fait c’est un funiculaire qui dessert seulement deux stations ! Le tram est plus rempli et on finit par arriver à l’hôtel…
Au final j’en prends plein la vue, mais c’est génial. Les Turcs sont super sympas, serviables etc. C’est super différent de la France sur tous les points.
Pour les photos, je n'arrive pas à en mettre pour le moment. Au pire je vous ferai passer une nouvelle adresse pour les photos.
A bientôt, Clo