Brèves d'Istanbul

D'Istanbul je tente de dresser le tableau de mon année Erasmus. Découverte d'une ville, d'un pays, de personnes. Une année qui s'annonce riche en expériences. Pour les photos c'est une autre adresse, mes capacités en informatique étant limités : clooo30487.skyblog.com

21.9.06

21 septembre 2006

C’est le dernier jour de l’été qui s’envole laissant la place aux nuages grisonnants qui enveloppent la ville alors qu’elle se pare d’un manteau de pluie très épais. Vous l’aurez compris l’automne arrive et fait son nid. On sort pour aller à l’université histoire de se renseigner un peu. Sur les papiers que Galatasaray nous a envoyer, la rentrée est le 25 septembre mais il y a peut-être des choses à faire avant, sait-on jamais… Comme depuis ce matin il pleut des cordes et c’est le cas de le dire, on attend que cela se calme un peu pour sortir de l’appart. Première difficulté, bien que le volume d’eau tombé du ciel ait diminué, on se mouille quand même et alors que l’on remonte en direction de l’Istiklal Caddesi en faisant attention à slalomer entre les torrents d’eau qui dévalent les rues en pente on se dit qu’il serait pas mal d’acheter un parapluie. Comme toujours dans ces cas là, on se rue sur le premier vendeur de parapluies rencontré pour acheter la précieuse ombrelle qui tient à l’abri de l’humidité. En fait on se rend compte en continuant à marcher que les vendeurs de parapluies se sont appropriés la rue comme par magie. Hier on ne trouvait pas un seul parapluie en ville ou alors à dans des boutiques genre United Colors of Benetton et aujourd’hui que le ciel fait des caprices, abracadabra … les parapluies sortent des cartons.

De parler du temps qu’il fait et des changements climatiques survenus depuis hier me fait penser que cette fin du mois de septembre sent vraiment la rentrée. En réalité on y est en plein dedans depuis lundi dernier. Ca a commencé dimanche soir dernier alors que j’étais à Amasra en train de déambuler dans les rues de ce petit village, mon sac sur le dos. Dans les magasins de sacs, des enfants essayaient des cartables en compagnie de leur mère. Un peu plus loin, d’autres se faisaient faire la fameuse coupe de la rentrée des classes chez les « erkek kuaför ». Et puis en revenant sur Istanbul lundi matin on apercevait sur le mur des écoles et des lycées des banderoles à l’intention des professeurs. Des enfants de tout âge marchaient en uniforme. Ca m’a étonnée d’ailleurs et puis on s’y fait à croiser des jeunes en costume cravate, des filles à jupe plissée avec les converses au pied et les plus petits avec des blouses d’un bleu marine horrible qui font plutôt penser par la matière et la couleur à des bleus de travail. En plus les fleurs brodées dessus pour égayer l’habit n’arrangent rien.

Pour les étudiants c’est une rentrée échelonnée. Quelques uns ont repris, pour d’autres c’est lundi et les derniers commenceront le 2 octobre. Je pense que le début de mes cours aura effectivement lieu le deux octobre puisque le service des relations internationales ne veut pas nous voir avant le 25 septembre. Or il va falloir que l’on s’inscrive, que l’on choisisse les cours et que les emplois du temps se fassent. En tous cas c’est dans un cadre très privilégié que je vais étudier. En effet on a mangé dans la cafetéria. Cette dernière, au delà du fait que les repas servis soient très bon pour une somme très modique (1,5 YTL le ticket repas soit moins de 1 €) a l’avantage d’être située juste à côté du Bosphore et l’on peut à travers la baie vitrée contempler les vaguelettes qui se cassent sur le béton de la dite cafétéria.

20.9.06

La Cappadoce, Safranbolu et Amasra ou tentative de résumé d’une semaine de vacances…

Départ le 10 septembre au soir. Kristiaan, Inge, Monique, Alexandre, Elodie et moi. Deux néerlandais, une allemande et trois français, belle brochette européenne en perspective. On doit rejoindre l’embarcadère de Karaköy puisque la navette du bus se trouve sur le côté asiatique. On a déjà un problème. En effet le prochain bateau part à 21 heures 30 et arrive donc à Kadiköy à 22 heures or c’est précisément l’heure à laquelle nous devons prendre la navette bus. Il va falloir courir et c’est en sprintant équipés de nos gros sacs à dos qu’on traverse à vive allure la place des bus de Kadiköy. Court avec nous un homme que l’on a rencontré sur le bateau et qui nous a aidé en appelant la compagnie de bus pour leur dire que l’on arriverait probablement en retard. Il veut s’assurer que l’on soit bien dans la navette. Alors qu’on reprend notre souffle, les moteurs démarre et l’on s’achemine vers le point de départ des bus de la compagnie Metro. Le bus arrive, un bus de voyage énorme et là c’est comme dans les avions, les ailes et la vue sur la Terre en moins. Un steward s’occupe des bagages qu’il met en soute, nous guide jusqu’à nos places, quand le bus démarre il fait un petit discours en turc (et comme c’est une destination turquo-turque nous ne pouvons pas avoir la version anglaise), puis il nous sert de l’eau, du thé et des petits gâteaux. On s’installe dans nos fauteuils d’autobus pour essayer de dormir. Le trajet se passe à la lueur des voitures que le bus croise. Deux haltes au milieu de la nuit. C’est assez marrant ces haltes sur les aires d’autoroute. C’est une ambiance très spéciale : imaginez vous dans fauteuil de bus, somnolant parce que bien sûr ça n’est pas aussi confortable que votre lit ; d’un coup les lumière du bus s’allument et le steward qui vous annonce qu’il y a vingt minutes de pause. C’est les yeux plissés à cause de trop de lumière et dans un état cotonneux que tout le monde quitte le véhicule pour aller dans la boutique de l’aire d’autoroute où l’on trouve produits locaux, cafétéria et toilettes. On passe la pause à marcher et à regarder ce qui se vend juste histoire de se dégourdir les jambes et puis on remonte dans le bus, se réinstalle et re-somnole jusqu’à la prochaine pause. Arrive le lever du jour et là, les insomniaques peuvent profiter du paysage. En l’occurrence cela contraste vraiment avec Istanbul puisque l’on passe d’une ville bruyante etc. à une plaine où les habitations sont rares.

Au petit matin on arrive à Göreme, village très touristique, implanté au milieu des cheminées de fée de la Cappadoce. Nous séjournons pour deux nuits dans une petite pension très charmante. Notre dortoir est une cave troglodyte aménagée avec des tapis sur le sol et sur les murs, les lits sont sculptés dans la pierre. Le tout donne une ambiance très sympa. On reste à Göreme deux jours. Ensuite on dort à Avanos dans une autre pension toute mignonne. D’Avanos on se sépare : Kristiaan, Inge, Alexandre et Monique retournent sur Istanbul tandis qu’Elodie et moi continuons le voyage jusqu’à Safranbolu. Mais laissez moi d’abord essayer de vous raconter la Cappadoce même si les photos sont plus éloquentes.

On va commencer par citer un guide bien connu pour ce qui est de la formation des ces paysages si peu ordinaires. « Le sol de ce plateau est constitué d’un terrain volcanique très tendre, le tuf, agglomération de cendres et de boues rejetées par les volcans. A la suite d’une intense érosion, le sol s’est lézardé ou désagrégé, donnant au paysage un aspect singulier. On rencontre alors dans le fond des vallées des cônes, des colonnes, des tours, des aiguilles qui peuvent atteindre 30 mètres. Au delà de l’attrait de la nature même, les hommes ont réalisé ici des œuvres de première importance (cités souterraines, habitations troglodytes, fresques superbes, églises et monastères aux proportions saisissantes). » Voilà un bon aperçu de la Cappadoce. On la découvre au gré des balades parce que de la route les vallées ne sont pas accessibles et insoupçonnables. Il est par contre dommage que la région soit aussi touristique et au cours de nos pérégrinations on se rend compte du « système ». Les cars déposent ces gentils touristes armés de leur appareils photos et de leurs portes monnaie sur des points de vue où les attendent des stands de souvenirs et des restaurants. Ils ont un temps limité pour crapahuter autour de ce point puis ils remontent dans le bus pour aller à un autre endroit etc. C’est ainsi qu’en trois jours les agences de voyage proposent de faire visiter toute la Cappadoce et de faire en quelque sorte du consumérisme de paysage à outrance. Heureusement que l’on est en septembre et que la saison se termine. Nous n’avons pas de bus mais simplement nos pieds pour visiter cette région. Ainsi on fait toutes les vallées à pied et c’est beaucoup mieux. On marche à travers des paysages sortis tout droit d’une autre planète. Ambiance semi lunaire. C’est encore plus magnifique au coucher du soleil quand ce dernier se reflète sur les herbes dorées et sur les roches qui se parent de rose, vert, rouge… En quelques jours on fait donc la Vallée de l’Amour, la Vallée Rose et Rouge, on relie Göreme à Uçhisar par la vallée des pigeons, puis d’Avanos on se rend sur le site de Zelve où l’on visite le musée en plein air avant de se balader dans la Vallée Blanche. La Cappadoce a accueilli plusieurs civilisations comme les Hittites il y a quelques millénaires. Ce sont eux qui ont creusé les cités souterraines. Puis les Chrétiens s’y sont réfugiés et ont creusé des églises… Cela donne un ensemble magnifique.

On part de cette région pour aller dans un endroit totalement différent de la Turquie : Safranbolu, village accroché dans les montagnes turques vers la mer noire. C’est un village où les maisons ont toutes été restaurées. Elles sont en bois, peintes à la chaux et le tout est tout mignonnet. On dort pour une nuit dans une pension chez l’habitant. C’est une vieille dame turque qui ne parle que le turc et qui a le sourire aux lèvres et le cœur sur la main. Ces vacances sont d’ailleurs l’occasion de beaucoup de rencontres. Que ce soit avec ces militaires effectuant leur service militaire dans le musée de Zelve qui nous ont fait une visite particulière du site ou avec ce potier d’Avanos qui nous explique son métiers etc. Et d’autres encore que le hasard de la route a mis sur notre chemin. A Safranbolu, on va au hamam. Là bas on se fait masser et passer la peau au gant de crin. Impression d’être un vêtement que l’on frotte sans retenue. Puis une fois que la peau est toute lisse, débarrassée des cellules mortes le massage commence. On ressort très zen de cet endroit.

On quitte Safranbolu pour Amasra, petite ville en bord de mer. Là bas on est bien décidées à se baigner dans la Mer Noire. Ainsi suivant les conseils de notre bible on se rend par dolmus à Carkaz, à 10 km d’Amasra. La plage est déserte de tout baigneur. On s’installe avec nos draps de plage tous neufs parce qu’à l’origine on n’avait pas prévu d’aller à la mer au début. Au moment d’aller tester l’eau, on comprend pourquoi il n’y a personne. L’eau est gelée. C’est vraiment dommage vu les rouleaux qu’il y avait. Au moment de repartir, on se rend compte qu’il n’y a plus de dolmus pour Amasra. Les problèmes commencent puisque l’on doit être de retour sur cette ville le soir même pour reprendre le bus direction Istanbul ! Le serveur du restaurant où l’on a mangé à midi, nous accompagne jusqu’à une route qui monte dans la montagne (il faut savoir que dans la région de la Mer Noire, la montagne se jette dans la mer) et nous fait comprendre qu’il faut que l’on marche jusqu’à ce que l’on trouve un dolmus. Il est cinq heures, la nuit tombe à sept heures, l’on doit être de retour assez tôt et Carkaz – Amasra cela fait quand même 15 km sans compter que l’on a mis près d’une demi heure pour faire le trajet à l’aller ! Puisqu’il n’y a pas d’autre solution, on se met en marche et dès qu’une voiture passe, on lève nos pouces. Nous voilà transformées en vraies routardes. Des voitures passent, et au final une s’arrête. On monte dedans et on s’entasse un peu parce que c’est une famille et qu’il y a deux enfants à l’arrière. Ils vont à Bartin et de là il y a encore des bus pour Amasra. Au bout d’un moment, le père stoppe au milieu de la route. Je me demande s’il va nous lâcher là ou si c’est parce que la voiture est en panne d’essence étant donné que la jauge d’essence clignotait orange dès le départ. En fait il a vu un dolmus en sens inverse qui fait Bartin – Amasra. Du coup il traverse la route, stoppe le dolmus et nous fait signe que c’est bon on peut le prendre. On arrivera à Amasra une vingtaine de minutes plus tard.

Le soir arrive et il est temps de reprendre le bus. Arrivée à 6 heures à Istanbul. C’est bizarre parce qu’à cette heure il n’y a guère de monde dans les rues. Cela change de ce à quoi l’on est habitué. A présent il reste encore une semaine de vacances avant la rentrée lundi. Cela va fare bizarre de reprendre un rythme normal.

9.9.06

9 septembre 06

Il s’en est passé des choses depuis la semaine dernière. A commencer par mon déménagement. Ca y est je me suis installée hier sitôt les cours de turc terminés, dans la soirée.

Avant toute chose il faut que je vous dise que j’ai eu mes examens de turc. Ils n’étaient pas compliqués à réussir puisque tout le monde est passé. Cela me fait 6 crédits ECTS en poche, ce qui n’est pas rien puisque au cours de mon année il faut que j’en valide 60. Ces examens se sont composés d’un test écrit d’une heure consistant à remplir les blancs d’un dialogue afin de tester à la fois la grammaire et le vocabulaire et d’un oral de cinq minutes où l’on devait se présenter et faire un dialogue préparé à l’avance se déroulant où l’on voulait. Ce mois de turc intensif s’est donc achevé hier en fin d’après midi par une coktail party où l’on nous a remis nos diplômes.

C’est aussi l’occasion de remercier les professeurs de s’être investis de par et d’autre et de profiter de ces derniers moments tous ensembles puisque dès ce soir quelques un d’entre nous investissent leurs appartements respectifs. En effet comme on sort sur Taksim, et que beaucoup vont résider dans le coin c’est plus pratique. C’est ainsi que l’on se retrouve Elodie, Alexandre et moi sur le trottoir de l’université à guetter un taxi qui nous emmènera nous, nos valises, sacs à dos et ordinateurs sur la rive européenne dans notre appartement. Le taxi est plein à craquer, des bagages dans le coffre et sur les genoux. Il part dans la nuit d’Istanbul. Et nous voilà partis pour plus d’une heure de trajet. Je pensais avoir connu les embouteillages en bus à Istanbul, je peux vous dire que je n’avais encore rien vu. Cinq minutes après s’être engagé sur le périphérique, le taxi se met à ralentir pour cause de bouchons… A partir de cet instant on en aura pour trois quart d’heures à rouler 100 mètres toutes les deux minutes, à se sentir malade à cause de la chaleur et du taxi qui s’arrête et redémarre brutalement. C’est là que je me rends compte que le trafic à Istanbul est quelque chose de très très important et que deux ponts ne suffisent pas à le désengorger. En effet dès que l’on passe le pont du Bosphore on redémarre comme si soudainement toutes les voitures qui étaient devant nous s’étaient évaporées. L’explication de ce gigantesque embouteillage pourrait se faire en deux parties. La première étant que l’on est vendredi soir à 8 heures du soir, les gens rentrent chez eux sur Istanbul (allez savoir pourquoi ils sont en week-end), la deuxième étant que l’on passe de quatre voies à deux voies sur le pont du Bosphore (là aussi allez savoir pourquoi, la troisième voie de circulation du pont n’est pas ouverte à la circulation…).

Bref on arrive finalement à notre appartement, contents d’y être et de pouvoir s’extraire du taxi. D’ailleurs, heureusement que l’on avait négocié le prix avant puisque sinon le compteur aurait vite grimpé. Le temps de poser nos affaires dans nos chambres, de discuter avec Fatih et Sévil (le couple marié avec qui on partage l’étage), d’enfiler un jean et nous repartons en marchant vite afin de retrouver les autres devant le Burger King. On avait convenu d’un rendez vous à 21 heures 30, avec la circulation etc. on se retrouve en fait à 22 heures et quelques. La soirée commence dans un bar, très bonne ambiance. Puis deux allemandes qui ont un avion dans la nuit rentrent aux dortoirs récupérer leurs bagages. Séance d’aux revoirs, elles reviennent en février. Nous allons ensuite en boîte. C’est assez marrant puisque la boîte est en fait un immeuble à elle toute seule. Après être passés au rayon x, on monte les escaliers (en bas c’est le restaurant), on paye l’entrée et on arrive sur la piste de dans située en haut de l’immeuble, en terrasse, sur le toit ! Au moins c’est agréable, on danse et il ne fait pas chaud. Ca et là sur les toits voisins on peut voir des lumières d’autres boîtes de nuit. L’ambiance est très sympa même si malheureusement il n’y a pas tout le monde. Puis la fatigue se fait sentir et l’on rentre à pied chez nous après avoir dit au revoir à tous. Ça été triste de tous les quitter. On redescend l’Istikklal Caddesi et en dix minutes à peine on est à notre appartement, clefs en main. Le quartier de nuit n’a pas l’air de craindre même s’il y a des précautions minimales à prendre.

La première nuit dans ma chambre qui pour le moment est un peu vide. Il lui manque encore une armoire et une porte (c’est utile quand même) qui devrait arriver la semaine prochaine. J’espère parce que la semaine prochaine je suis rentrée de vacances. Sinon il faut que je la décore un peu parce que pour l’instant les murs sont …. Blancs. Notre étage est tout neuf et rénové de façon très moderne (je vous mettrai des photos quand j’en aurai prise). On est obligé de parler turc puisque Fatih et Sévil ne parlent pas français, même si Fatih est en train d’apprendre le français. De ma chambre j’ai vu sur le toit rouge d’un immeuble et sur une terrasse, c’est assez sympa. Ce matin après être levées on fait un tour dans le quartier pour se repérer et faire quelques courses. Les immeubles sont tous en train d’être rénovés et le quartier est vraiment tout mignon. J’aurai le temps de le découvrir quand je serai rentrée de Cappadoce, puisque le départ est prévu pour demain soir. On a enfin nos billets, là aussi ça a été épique mais c’est une autre histoire…

2.9.06

2 septembre 2006

Voilà. Le mois de turc intensif s’achève dans une semaine. Examens jeudi et vendredi. Ca devrait être assez light et facile je pense. Surtout qu’ils veulent tous qu’on réussisse le test. En attendant on a eu un jour férié cette semaine (ça compense avec le 15 août qu’on n’a pas eu, allez savoir pourquoi ! ). Bref le 29 août c’est la fête de l’indépendance. C’est tombé mercredi, en plein milieu de la semaine. A cette occasion, les fenêtres des immeubles se sont garnies de drapeaux turcs, allant d’une taille raisonnable jusqu’à des trucs immenses (je pense en particulier à ceux qui étaient sur notre campus). Dans la même idée, des posters géants d’Atatürk ont décoré les immeubles. C’était assez impressionnant de voir ça. Je m’attendais tout naturellement à voir tous les magasins fermés comme c’est le cas d’habitude en France et dans les autres pays européens. Mais j’avais oublié que je suis en Turquie, à Istanbul, et que même le dimanche ou à dix heures du soir il est possible d’aller faire son shopping ! Tout ça pour dire que tout était ouvert. Je suis donc allée avec une copine me renseigner pour nos prochaines vacances (comprenez par « prochaines », dans une semaine). En effet avec l’aide du Guide du Routard, on avait projeté sept jours de vadrouille le long de la Mer Noire, l’objectif initial étant de partir d’Istanbul pour arriver à Trabzon, ville située à l’est du pays, vers la frontière géorgienne. On pensait qu’on pouvait relier les villes de la Mer Noire en bus.

C’est ainsi que mercredi nous nous rendons à Kadiköy, avec pour objectif de démarcher les agences de voyage pour qu’elles nous aident à organiser notre périple, nous conseiller sur des hôtels, les bus à prendre etc. Nous nous retrouvons à marcher dans la rue, la tête en l’air pour repérer des panneaux d’agence de voyage, parce qu’en Turquie, quand des bureaux sont situés sur des étages, on le sait par des sortes de panneaux publicitaires qui habillent les immeubles. On atterrit dans un immeuble au deuxième étage, dans des bureaux climatisés, en face d’une dame qui ne parle pas l’anglais à essayer de faire comprendre que l’on souhaite partir sur la Mer Noire ou en Cappadoce. Malheureusement on se rend compte très vite que les agences de voyage (du moins pour celles qu’on a vu) ne proposent que des tours tous fais mais qu’elles ne peuvent aider les pauvres voyageurs comme nous à organiser un trip hors des circuits touristiques. Après s’être égarées dans les agences de voyage, on décide d’aller voir les compagnies de bus, puisque après tout c’est en bus que l’on veut se déplacer. Autant aller voir de leur côté les lignes qu’ils desservent etc. On se dirige sur la route face à l’embarcadère puisque c’est là que sont situées les bureaux des compagnies de bus et on demande en turc (ou plutôt on baragouine) s’ils ont des bus qui vont à la mer noire, dans telle ville etc. Ca se révèle trop compliqué pour la mer noire et les projets s’évaporent doucement dans l’air pollué d’Istanbul. En même temps un autre plan se monte, bien plus réalisable apparemment, celui de la Cappadoce et des cheminées de fée. En effet il y a des bus à partir d’Istanbul qui y vont pour un prix raisonnable et ensuite certaines distances peuvent être faites à pied, ou encore avec des bus municipaux si l’on en croit le GDR. Dans une semaine, ce sera donc la Cappadoce, sacs sur le dos et baskets au pied ! Si tout se déroule comme on l’espère bien entendu !

Cela m’amène à vous parler de mon logement que j’ai trouvé. J’investirai les lieux à partir de samedi prochain puisque les cours de turc se terminant, il va falloir quitter les dortoirs dans lesquels nous avons dormi pendant un mois. Pour l’instant je n’ai pas encore pris de photos des dortoirs et du campus mais dès que je les ai, promis je les mets en ligne pour que vous vous rendiez compte à quel point c’est glauque. Je ne comprends pas comment des gens peuvent vivre ici à l’année. Pour en revenir à l’appartement, je serai en colocation franco-turque. Je crois que l’on sera neuf en tout, un peu l’auberge espagnole alaturca, comme ils disent ici (à la turque). C’est très bien situé, à 20 min en bus de l’université, 10 minutes à pied de Taksim, là où sont situés les boîtes et les bars, et à 5 minutes de l’Istklal Caddesi, LA rue commerçante d’Istanbul ! Un meublé donc, où j’aurai ma chambre (avec balcon). Le premier appartement visité, a été le bon finalement. En effet j’en ai quand même visité plusieurs mais je suis restée sur ce coup de cœur. En plus il faut savoir que les logements à Istanbul sont des fois assez vétustes et que ça peut arriver de voir des cafards rôder dans les pièces. C’est ce qui est arrivé à deux allemands. De plus le quartier dans lequel je vais habiter a l’air très sympa, les colocs aussi, d’ailleurs deux qui suivent les cours de turc en ce moment vont y habiter aussi.

[je vous joins quelques photos sur l’autre site]